A Jérusalem, les négociations sont en cours pour un gouvernement d'union nationale
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Eric Emmanuel Galland
mardi 24 septembre 2019 Dernière mise à jour le Mardi 24 Septembre 2019 à 12:23

Une semaine après les élections du 17 avril, les Israéliens attendent encore de connaître le nom de leur Premier ministre, qui aura la charge de composer un gouvernement.

Le scrutin du 17 septembre a placé en tête le mouvement Bleu et Blanc de Benny Gantz avec 33 sièges, suivi de près par le Likoud de Benjamin Netanyahou, crédité de 31 sièges. Les deux rivaux devaient alors conclure des alliances pour d’atteindre le seuil des 61 sièges, la majorité absolue, et composer un gouvernement

Avec ses alliés religieux et de la droite nationaliste, le Premier ministre le plus pérenne de l’histoire d’Israël n’est en mesure de rassembler que 55 sièges. De son conté, Benny Gantz, arrivé en tête des élections, bénéficie du soutien de la gauche et d’une partie de la « Liste Unie » des partis arabes, qui lui permettent de réunir 54 sièges.

Lundi, devant l’impasse, le président Reuven Rivlin a renouvelé son souhait de composer un « gouvernement d’union », précisant que « c’est la volonté du peuple !». Si les deux rivaux du Likoud et du mouvement Bleu et Blanc semblent se résigner à cette possibilité, encore faut-il se mettre d’accord pour savoir lequel sera le Premier ministre chargé de composer un gouvernement.

Revient alors au président Reuven Rivlin de diriger les négociations, après avoir consulté l’ensemble des formations élues au parlement. Celui dont la fonction est habituellement d’ordre symbolique détient donc la clé et compte à tout prix éviter un troisième scrutin, qui risquerait d’aboutir au même statut-quo.

Les partis arabes et Israël Beteinou ont des avis tranchés

Pour la première fois depuis 25 ans, la liste Unie des partis arabes s’est clairement exprimée. Aymen Odeh, à la tête de la troisième force politique qui a obtenu 13 sièges lors des élections a affiché son soutien envers Benny Gantz. Ou plutôt, il cherche à écarter Benjamin Netanyahou du pouvoir, qu’il accuse d’avoir pratiqué une politique discriminatoire à l’encontre de la minorité arabe, qui représente 20% de la population Israëlienne.

De son coté, Avigdor Lieberman, arrivé en 4ème position avec 8 sièges, refuse une nouvelles fois de se prononcer. S’il est d’accord avec le principe d’un gouvernement d’union, il ne veut s’allier ni avec les ultra-orthodoxes qui soutiennent le Likoud, ni avec les Arabes qui soutiennent le mouvement Bleu et Blanc.

« Les Haredim (ultras-othodoxes) sont nos adversaires politiques mais les arabes sont nos ennemis », a t-il asséné, pour justifier son refus de recommander un Premier ministre.

Discussion à trois pour trouver une issue

Après avoir terminé ses consultations avec l’ensemble des formations élues au parlement, le président Rivlin a organisé une rencontre avec Benjamin Netanyahou et Benny Gantz, à Jérusalem. 

Avec cette formule sans détour, il a sommé les deux rivaux de trouver un accord pour désigner, parmi eux, un Premier ministre: « la responsabilité de former un gouvernement vous incombe. La population s’attend à ce que vous trouviez une solution (…) même si vous devez en payer le prix d’un point de vue personnel ou idéologique».

Suite à un bref échange entre quatre yeux, les deux adversaires ont fini par tomber d’accord … pour poursuivre les négociations mardi et mercredi, via leurs émissaires.

Il faut dire que le surnommé « roi Bibi », qui totalise 13 ans à la tête du pays, engage sa survie en politique à l’issue de ces négociations. En octobre il doit être auditionné par la justice pour des soupçons de corruption, abus de pouvoir et malversation. Pour Benjamin Netanyahou, l’enjeu consiste donc également à conserver son immunité parlementaire.

Les heures à venir seront donc décisives et les rivaux du Likoud et du mouvement Bleu et Blanc vont devoir trouver un accord pour composer un gouvernement d’union. Si les tentatives échouent, le président Rivlin pourra décider d’attribuer la tâche à quelqu’un d’autre, ultime recours pour éviter un troisième scrutin.

Une fois désigné, le premier ministre aura 28 jours pour composer un gouvernement.

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