Israël : Reuven Rivlin multiplie les initiatives pour éviter un troisième scrutin
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Eric Emmanuel Galland
vendredi 27 septembre 2019 Dernière mise à jour le Vendredi 27 Septembre 2019 à 10:16

Dans la soirée du 25 septembre, le président israélien Reuven Rivlin a désigné Benjamin Netanyahou pour former un gouvernement de coalition, contrairement aux prévisions. Mais rien n’est encore joué.

 

Si le leader du Likoud n’est arrivé qu’à la seconde place des élections législatives du 17 septembre, Benjamin Netanyahou a su réunir plus de soutien. 55 membres de la Knesset ont recommandé “Bibi” comme Premier ministre, contre 54 pour Benny Gantz, le leader du mouvement Bleu et blanc, arrivé en tête à la sortie des urnes. Parmi les soutiens de ce dernier, dix membres du parlement ont par ailleurs indiqué au président Rivlin qu’ils refuseraient de siéger si un gouvernement de coalition dirigé par Benjamin Netanyahou était mis en place.

Suite à ces consultations, Reuven Rivlin a donc tranché en la faveur du leader du Likoud, considérant que ce dernier a le plus de chances de réunir les 61 sièges qui permettront de constituer une majorité. Ce fut déjà le cas en avril dernier, lorsque Benjamin Netanyahou avait échoué, notamment à cause du refus d’Avigdor Lieberman, leader du parti laïc Israël Beytenou, de siéger dans un gouvernement d’union nationale, avec les ultraorthodoxes.

L’histoire semble donc se répéter et le parti de Lieberman, qui a obtenu huit sièges lors du scrutin et refuse toujours de siéger aux côtés des partis religieux, se trouve une nouvelle fois au coeur des négociations.

Quelle est la différence avec le scrutin du mois d’avril ?

Pour éviter un troisième scrutin, Reuven Rivlin a proposé aux leaders du Likoud et du mouvement Bleu et blanc de constituer un gouvernement «pariétique», sous lequel les pouvoirs gouvernementaux seraient répartis de manière équitable. Dans cette optique, le poste de Premier ministre serait partagé et endossé à tour de rôle par les deux rivaux et la fonction de Premier ministre intérimaire bénéficierait d’un plus large pouvoir.

Le président Rivlin a également proposé que le Premier ministre puisse prendre un congé de plus de 100 jours, une proposition destinée à apaiser Benjamin Netanyahou qui se prépare à affronter la justice pour des faits de corruption et d’abus de pouvoir.

En avril dernier, lorsqu’il a échoué à constituer un gouvernement, Benjamin Netanyahou a préféré dissoudre la Knesset plutôt que de permettre à Benny Gantz de tenter sa chance. Cette fois-ci, le Premier ministre le plus pérenne de la jeune histoire de d’Israël a indiqué que, en cas d’échec, il acceptera de passer la main à son rival.

L’initiative de Rivlin peut-elle aboutir ?

Malgré tous les efforts consentis par le président pour aboutir à la constitution d’un gouvernement, il semblerait que ces initiatives ne soient pas suffisante.

D’une part, par ce que, dès mercredi soir, suite à l’annonce du président Rivlin qui donnait sa chance à Netanyahu, les élus du parti Bleu et blanc ont clairement indiqué qu’ils refuseraient de siéger dans un gouvernement dirigé par Benjamin Netanyahou.

D’autre part, le leader d’Israël Beytenou, Avigor Lieberman, qui pourrait faire pencher la balance, campe toujours sur ces positions. Il refuse de former une coalition avec Benny Gantz aux côtés des partis arabes, qu’il considère comme des ennemis, et refuse de s’allier à Benjamin Netanyahou aux côtés des religieux, qu’il considère comme ses adversaires politiques.

Les négociations en cours pourraient donc aboutir à un nouvel échec et la perspective d’un troisième scrutin se profile à l’horizon, imposant une profonde remise en question du système politique israélien. 

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