Maroc : Vie chère au pays de la faible inflation
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Rédaction Ecomnews Med
lundi 18 novembre 2019 Dernière mise à jour le Lundi 18 Novembre 2019 à 15:05

Au Maroc, les indices macroéconomiques de l’inflation sont excellents… mais semblent foncièrement déconnecté de la perception du coût de la vie par les Marocains.

Selon les projections de Bank Al Maghrib, la banque centrale marocaine, l’inflation devrait décélérer à 0,6% en 2019 pour ensuite se stabiliser à 1,1% en 2020… un taux que l’on peut juger performant  par les standards internationaux, mais qui vient chaque année réduire un peu plus un pouvoir d’achat déjà en berne. Le point avec Ecomnews Med.

Inflation maîtrisée et pouvoir d’achat en berne : circulez, il n’y a rien à voir

Selon la Banque Centrale Européenne, un niveau d’inflation inférieur à 2% garantit une croissance économique stable et durable. Cette condition est bien réalisée dans le Royaume chérifien, mais elle reste une simple mesure macroéconomique qui n’impacte pas le quotidien des Marocains.

Ces derniers trouvent toutes les peines du monde à épargner, par exemple. En effet, selon une étude du HCP publiée en octobre 2019, seuls 4,5% des ménages arrivent à mettre de l’argent de côté.

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, l’inflation maîtrisée et le pouvoir d’achat faible ne constituent pas un duo de paradoxe pour une raison simple : l’inflation mesure une variation du niveau général des prix sur un panier de dépenses pondérées par des coefficients.

Or, au Maroc, les prix sont déjà trop élevés pour les revenus des Marocains. Mais ce n’est pas tout. Le HCP a donné en 2018 le modus operandi du calcul de l’inflation au Maroc… et les coefficients soulèvent des questions :

  • Produits alimentaires, boissons et tabac (38,8%) ;
  • Logement, eau et électricité (14,5%) ;
  • Transport et communication (12,9%) ;
  • Santé (7,7%) ;
  • Enseignement (6,3%) ;
  • Habillement (4,3%)
  • Autres dépenses (13,3%).

Une déconnexion entre les revenus et le niveau général des prix

Au Maroc, plus de 75% des salariés du privé perçoivent moins de 4 000 Dh par mois, tandis que le SMIG est à 2 570,86 Dh par mois pour 191 heures de travail. Si l’on considère un ménage qui touche deux fois 4 000 dh (net), nous aboutissons aux dépenses suivantes :

  • Produits alimentaires, boissons et tabac (3 104 Dh) ;
  • Logement, eau et électricité (1160 Dh) ;
  • Enseignement (504 Dh).

Cette répartition semble, au mieux, aberrante, puisqu’elle ne reflète pas la réalité des prix et des habitudes de consommation des Marocains. Dans sa composition actuelle, l’indice des produits à la consommation semble foncièrement déconnecté de la perception du coût de la vie par le citoyen.

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