Le Hirak : un tournant historique dans l’histoire de l’Algérie moderne
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Rédaction Ecomnews Med
mercredi 18 décembre 2019 Dernière mise à jour le Mercredi 18 Décembre 2019 à 10:10

Le Hirak aura décidément occupé la scène médiatique algérienne sur toute la longueur de l’année, en dépit de la démission de Bouteflika, de la déferlante judiciaire sur quelques visages de l’ancien régime et surtout des élections qui ont porté Abdelmajid Tebboune au sommet de l’Etat. Les protestations devraient vraisemblablement se poursuivre en 2020, car le mouvement populaire semble décidé à rompre tout lien avec l’ancien régime qui gouverne le pays depuis son indépendance, en 1962.

Tout a commencé le 22 février 2019, avec des milliers de manifestants qui ont investi les rues d’Alger, de Constantine, d’Oran et de Sidi Bel Abbés pour protester contre la candidature d’Abdelaziz Bouteflika à la présidence pour la cinquième fois consécutive, alors même que le chef de l’Etat n’était plus que l’ombre de lui-même. Les rumeurs sur un éventuel « Etat profond » allaient bon train, avec l’omniprésence de Said Bouteflika, frère du Président, entre autres.

Une marée humaine a donc assommé le régime qui, depuis 2001, étouffait toute tentative de manifestation. Dès lors, un bras de fer s’est engagé entre le peuple et l’Etat. En effet, en réaction à la colère des Algériens, le gouvernement s’est contenté de rappeler par le biais de ses officiels les plus influents, à savoir le Général Gaid-Salah et le Premier ministre Abdelmalek Sellal, que le Président Bouteflika était parfaitement en droit de présenter une 5e candidature, qualifiant même ses détracteurs d’ « ingrats ».

La défiance populaire qui s’ensuivra donnera lieu à de vastes démonstrations de forces à travers des manifestations hebdomadaires, réclamant l’annulation de la candidature Bouteflika puis, peu à peu, le départ de tous les dignitaires du régime. Il a fallu attendre le 19 mars 2019 pour voir le clan Bouteflika céder à la pression populaire et renoncer au pouvoir, non sans avoir manœuvré pour assurer un départ « digne » au Président déchu.

Élections présidentielles de décembre 2019 : une faible participation et des doutes sur la représentativité du président élu

La démission du président Bouteflika n’a pas été une fin en soi pour le peuple algérien. Les manifestations se poursuivent plus de 9 mois après le départ de l’ancien président, et la déferlante judiciaire qui a ciblé certains dignitaires de l’ancien régime n’a pas suffi à calmer les ardeurs d’un peuple conscient de l’imminence du rêve démocratique.

Abdelkader Bensalah, Chef de l’Assemblée nationale et Président par intérim, Nourredine Bedoui, nouveau Premier ministre, Tayeb Belaiz, président du Conseil constitutionnel et le Général Gaid Salah, tous proches de Bouteflika, ont subi les foudres des manifestants.

Les présidentielles largement contestées ont couronné Abdelmadjid Tebboune, plusieurs fois ministre sous Bouteflika (et Premier ministre éphémère), avec une participation estimée à moins de 40 %. Si l’Algérie retrouve un semblant de normalité avec un président à sa tête (après 9 mois de confusion institutionnelle), elle ne semble pas recouvrer la sérénité.

A peine 24 heures après l’annonce des résultats, le centre d’Alger a de nouveau été investi par une foule massive exprimant son « rejet total » d’un président jugé « illégitime ». Les ingrédients de la crise semblent toujours réunis, et l’année 2020 s’annonce décisive pour un peuple qui aspire à réaliser, enfin, le plein potentiel de sa nation bondée de richesses.

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