La Turquie autorise une intervention militaire en Libye
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Rédaction Ecomnews Med
vendredi 10 janvier 2020 Dernière mise à jour le Vendredi 10 Janvier 2020 à 13:50

Le parlement turc autorise l’envoi de troupes en Libye aux côtés du gouvernement de Tripoli, ciblé par l’offensive du maréchal Haftar. Focus !

Les députés turcs ont approuvé une motion permettant au président Recep Tayyip Erdogan d’envoyer des militaires à Tripoli, pour soutenir le gouvernement d’accord national (GAN). En effet, le GAN avait lancé des troupes pour combattre les forces de l’homme fort de l’Est libyen, le maréchal Khalifa Haftar, qui tente de conquérir la Libye. La communauté internationale s’inquiète et condamne le déploiement des militaires turcs.

Des intérêts stratégiques et économiques pour la Turquie 

La Grande assemblée nationale turque (Türkiye Büyük Meclisi) a autorisé, le jeudi 2 janvier 2020, l’envoi de troupes militaires en Libye pour une durée d’un an, avec 325 voix pour et 184 contre. L’objectif de cette intervention militaire est de soutenir le gouvernement d’accord nationa, menacé par une offensive du chef de guerre Khalifa Haftar qui est soutenu par l’Egypte, Les Émirats arabes et la Russie.

À travers cette projection de puissance, la Turquie veut défendre ses intérêts stratégiques et économiques. En effet, l’accord passé avec Tripoli sur la délimitation des frontières maritimes élargit les visées de la Turquie sur de vastes zones de la Méditerranée orientale. Ces zones riches en hydrocarbures sont disputées par l’Egypte, la Grèce, Chypre et Israël. De plus, les entreprises turques ont investi près de 22 milliards d’euros en Libye, à l’époque de Mouammar Kadafi.

Le texte voté par les députés turcs évoque aussi la nécessité de protéger les intérêts de leur pays en Méditerranée, d’apporter une aide humanitaire au peuple libyen, d’empêcher les groupes armés et les organisations terroristes de proliférer ainsi que de prévenir le transit des migrants clandestins.

Une décision qui déclenche diverses réactions internationales

L’implication de la Turquie risque d’aggraver la situation de guerre en Libye et le président américain Donald Trump a mis en garde, dans une conversation téléphonique avec son homologue turc, contre toute « ingérence étrangère » susceptible de « compliquer » la situation dans le pays. Donald Trump avait déjà demandé, en novembre 2019, au maréchal Haftar de cesser son offensive. De plus, L’Union européenne affirme sa conviction ferme qu’il n’existe pas de solution militaire à la crise libyenne et appelle à soutenir les efforts des Nations Unies en Libye, qui sont « la seule voie vers une Libye en paix, stable et sûre. » 

De son côté, l’Egypte a évoqué que l’intervention de la Turquie aura « un impact négatif sur la stabilité en Méditerranée ». Par ailleurs, le Premier ministre israélien Benyamin Natanyahou, le Président du Chypre Nicos Anastasiades et le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis ont qualifié cette décision de « menace dangereuse pour la stabilité régionale », dans une déclaration commune depuis Athènes.

 

 

 

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