Tunisie : Le nouveau gouvernement ne sera pas connu avant le 14 janvier
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Rédaction Ecomnews Med
samedi 11 janvier 2020 Dernière mise à jour le Samedi 11 Janvier 2020 à 12:34

Un vote de confiance devrait avoir lieu à l’Assemblée des Représentants du Peuple ce 10 janvier 2020, pour valider la composition du nouveau gouvernement de la Tunisie. Mais il pourrait être repoussé au 14 janvier 2020 car le parti d’obédience islamiste Ennahdha, arrivé en tête lors des élections législatives du 6 octobre 2019, est favorable à une révision de la liste.

Le Président de la République Tunisienne, Kaïs Saïed, a remis le 2 janvier 2020 la liste des membres du gouvernement au président de l’Assemblée des Représentants du Peuple (ARP), Rached Ghannouchi. Le parti d’obédience islamiste Ennahdha, arrivé en tête lors des élections législatives le 6 octobre 2019, est favorable à une révision de la liste. 

Il remettrait en cause le choix des ministres de l’éducation, de l’agriculture, des affaires culturelles, de la défense et des affaires sociales. Pour rappel, si la confiance de l’ARP n’est pas obtenue, le Président de la République engagera, « dans un délai de dix jours, des consultations avec les partis, les coalitions et les groupes parlementaires, en vue de charger la personnalité la mieux à même d’y parvenir de former un Gouvernement, dans un délai maximum d’un mois », conformément à l’article 89 de la constitution.

De nombreux observateurs ont critiqué cette liste, pour plusieurs raisons. Tout d’abord, elle comprend un nombre élevé de ministres (28) et de secrétaires d’Etat (14), soit 42 membres au total (gouvernement le plus dense depuis la Révolution de 2011 ; seulement 37 ministres et secrétaires d’Etat dans le gouvernement précédent). 

L’élargissement du gouvernement pourrait compliquer le processus de prise de décision, tout en diluant les responsabilités. En outre, la parité hommes-femmes est loin dêtre respectée : seules 10 femmes sont membres du gouvernement (dont 4 postes ministériels), soit 24%. Officiellement, ce gouvernement est composé de membres indépendants des partis politiques. 

Cependant, plusieurs d’entre eux ont occupé des fonctions gouvernementales lors de la troïka (2011-2014) et sont considérés comme étant compatibles avec les orientations prônées par le parti Ennahdha. Certains observateurs ont également remis en question la compétence des personnalités choisies pour figurer au gouvernement. Il convient néanmoins de préciser que la plupart des ministres et secrétaires d’Etat retenus ont une formation initiale et une expérience professionnelle en lien avec les fonctions occupées. 

Parmi les ministères économiques et financiers : 

-Le ministre de la Planification, du Développement et de la Coopération Internationale, Fadhel Abdelkefi, est économiste de formation (Université Paris I- Panthéon Sorbonne). Il a déjà été ministre du Développement, de l’Investissement et la Coopération Internationale (MDICI) durant un an (à partir d’août 2016) et a également exercé les fonctions de ministre des Finances par intérim durant 4 mois (à partir de fin avril 2017). Il fut par ailleurs le Président du Conseil d’Administration (CA) de la Bourse des valeurs mobilières de Tunis entre 2011 et 2014, et le Directeur Général de l’établissement financier Tunisie Valeurs. 

Fadhel Abdelkefi se dit lui-même proche de Nabil Karoui (leader du parti Qalb Tounes arrivé en 2ème position lors des dernières élections législatives ; candidat présent au second tour des élections présidentielles en octobre 2019). 

-Le ministre des Finances, Abderrahman Khochtali, est un pur produit de ce ministère. Il était contrôleur général des Finances et exerçait dernièrement les fonctions de secrétaire général du ministère des Finances. De plus, il fut durant près d’un an le directeur général des Douanes tunisiennes (2013-2014). 

-Le ministre du Commerce, Béchir Zaâfouri, est titulaire d’une maîtrise à l’Institut des Hautes Etudes de Commerce (IHEC). Il a assumé des fonctions gouvernementales dans ce domaine au moment de la Troïka, d’abord en tant que secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Industrie et du Commerce durant trois mois (à partir de fin 2011), puis en tant que ministre de l’Industrie et du Commerce durant un an (à partir de février 2012). L’exercice de ces fonctions fut antérieur aux négociations avec lUnion européenne, relatives à l’Accord de Libre-Echange Complet et Approfondi (ALECA). 

-Le ministre placé auprès du Chef de gouvernement, en charge des Affaires Economiques, Ali Chebbi, est économiste de formation, titulaire d’un doctorat, et a publié plusieurs articles scientifiques. Il est en outre professeur d’économie et enseignait dernièrement en Arabie Saoudite. Il fut le conseiller économique auprès des Chefs de gouvernement Hamadi Jebali puis Ali Laârayedh (période Troïka : 2012-2014), mais aussi membre du CA de la Banque Centrale de Tunisie, et du Conseil d’Analyse Economique (CAE) tunisien. 

Enfin, il a assumé des responsabilités au sein du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) et de la Banque Africaine de Développement (BAD). A noter que Ali Chebbi s’est montré critique, à plusieurs reprises, envers le Fonds Monétaire International, y compris le programme actuel du Fonds pour la Tunisie

Source : Service Économique Régional Tunisie-Libye // Economic Service Tunisia-Libya; Ambassade de France en Tunisie // French Embassy in Tunisia

 

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