L’Egypte, pays de toutes les convoitises pour les investisseurs étrangers et notamment français
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Rédaction Ecomnews Med
mercredi 12 février 2020 Dernière mise à jour le Mercredi 12 Février 2020 à 08:20

Le pays des Pharaons a de quoi séduire les hommes d’affaires de l’Hexagone. Quatre ans après la dévaluation de la livre égyptienne et l’intervention du FMI, presque tous les clignotants sont au vert. Le taux de croissance économique, le plus fort de toute la Méditerranée, a bondi à 5,6% entre 2018 et 2019.

 
 
Les réserves de  change ont triplé pour atteindre  plus de 40 milliards d’Euros cette année. Le chômage a chuté de 7,5%. Pour attirer les IDE, le Caire a également engagé des reformes sur la voie d’une plus grande ouverture économique et de l’éradication de la bureaucratie et de la corruption. 
 
Business France a organisé dans ses locaux à Paris, le 10 février dernier, la seconde édition d’un atelier sur les opportunités d’affaires en Égypte. 
 
Les ambassadeurs des deux pays, des représentants de l’État égyptien ainsi que des chefs d’entreprises des deux pays (dont une centaine de français) ont pris part à cet évènement, parrainé par le Quai d’Orsay et la direction générale du trésor et sponsorisé par Elsewedy, deuxième groupe industriel privé égyptien, avec lequel un protocole d’entente a été signé. 
 
La rencontre prélude l’organisation au Caire le 31 mars et le 1er avril prochain du forum franco-égyptien des affaires et de l’innovation et le sommet France-Afrique sur les villes intelligentes qui aura lieu à Bordeaux, en juin prochain. 
 
Elle s’est tenue également un jour avant l’ouverture dans la capitale égyptienne du quatrième salon international Egyps, sur les investissements dans les hydrocarbures, avec la participation de 15 entreprises françaises.   
 
Dans un discours inaugural, Christophe Le Couturier, directeur général de Business France a mis exergue les potentialités de l’Égypte, un des États les plus vastes et les plus peuplés d’Afrique (100 millions d’habitants) et qui se distingue selon lui, par une position géographique stratégique et d’une grande infrastructure.  
 
Avec un bureau implanté au Caire,  Business France a accompagné 180 entreprises hexagonales sur le marché égyptien dans divers secteurs comme l’équipement industriel et agricole, l’agroalimentaire, les hydrocarbures…  
 
Mais cette présence est plutôt dérisoire à côté des positions plus avantageuses détenues par l’Allemagne, l’Italie, la Chine, l’Arabie Saoudite, les États-Unis et la Russie. 
 
Selon la Banque Centrale d’Egypte, la France était le 12ème partenaire commercial de l’Egypte sur l’année fiscale 2018/19 (2,9% du volume des échanges commerciaux égyptiens), en recul d’une place par rapport à 2017/18 (3% des échanges). 
 
Du point de vue de la France, l’Egypte reste aussi un partenaire modeste (42eme client et 62eme fournisseur). 
 
Cette faible coopération a fait réagir, l’ambassadeur de France au Caire, Stephane Romatet qui a évoqué un paradoxe dans les liens entre la France et l’Egypte. 
 
« Alors que nous avons une relation historique  d’une incroyable densité avec ce pays. Nous sommes aujourd’hui encore un partenaire insuffisant », a souligné le diplomate, estimant que le défi pour la France est de  se positionner sur le marché égyptien, d’améliorer les échanges et les investissements pour ne pas rester à l’écart de ce qui se passe là-bas. 
 
Pour éclairer les opérateurs économiques français sur le climat des affaires dans le pays et vaincre leurs éventuelles réticences, Business France a convié les responsables d’organismes égyptiennes chargés de promouvoir l’investissement. 
 
 
Amr Noureldin, conseiller à la GAFI (General Authority For Investment And Free Zones) a rappelé les atouts de l’Egypte, qui représente a-t-il dit « une formidable porte d’entrée de l’Afrique et de l’Asie ». 
 
L’orateur a également fait valoir les réformes économiques qui ont été mises en place ces dernières années, pour lever les entraves à l’investissement et au commerce, améliorer la gouvernance et réduire le rôle de l’Etat dans l’économie. 
 
Au chapitre des facilitations, le gouvernement a notamment fait passé le délai pour l’enregistrement des entreprises de 40 jours à 72 heures. Les démarches pour l’acquisition des terrains industriels et les certificats d’importation et d’exportation ont été également simplifiées.  
 
Représentant le Fond Souverain égyptien (mis en place en 2018), Ayman Soliman  a exposé pour sa part la politique économique de l’Egypte et ses prétentions en matière d’investissement, notant la rapidité avec laquelle se développe l’économie locale. 
 
Fort de sa croissance, l’Egypte ambitionne d’ailleurs de porter le capital de son fonds souverain, actuellement de 12 milliards d’Euros, à 63,3 milliards.
 
Elle s’attend par ailleurs à la baisse pour la première fois en dix ans du ratio de la dette publique. 
 
D’aussi belles perspectives enchantent les compagnies déjà implantées dans le pays. Les groupes Sanofi et l’Oreal projettent d’ailleurs d’augmenter le volume de leurs investissements. 
 
Plaidant pour l’implication de plus d’entreprises françaises dans le marché égyptien, Maged El Sayed, Membre du conseil d’administration de Sanofi Egypte, a reconnu la persistance de certaines difficultés comme la bureaucratie. Il a néanmoins précisé que le climat des affaires s’améliore très sensiblement.
 
Par Samia Lokmane-Khelil en direct de Paris 
 

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