Les clusters tunisiens se mettent en place malgré une conjoncture ralentie suite aux attentats de Sousse en 2015
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Janos Fernandez
mardi 10 mars 2020 Dernière mise à jour le Mardi 10 Mars 2020 à 08:32

Dernière étape dans notre voyage au coeur des clusters du Maghreb, la Tunisie est particulière par une culture propice à la mutualisation mais où l’expansion des clusters a été ralentie par les choix de soutien de l’Etat mais aussi par un contexte économique affecté par l’attentat de l’Etat Islamique qui a fait 39 morts et 39 blessés le 26 juin 2015.

 

Comme dans la majorité des cas, le développement des clusters a commencé dans les années 1990, mais avec la particularité que le gouvernement n’a pas proposé une politique de soutien global.

Il a en effet choisi d’articuler des filières d’activité, sans forcément prendre en compte un territoire déja existant, composante essentielle de la constitution d’un cluster. Ce qui signifie que certains de ces ensembles sont le fruit de décisions politiques orientées par le choix d’activités jugées stratégiques.

De cette politique gouvernementale résultent des pôles de compétitivité  et technopoles constitués à la fin des années 90. Ils regroupent les activités par thématique mais ne tiennent pas forcément compte de l’historique du territoire. Ce sont les structures les plus soutenues par l’Etat en termes de financement et de formation.

 On trouve dix de ces pôles :

 

  • Pôle de Compétitivité de Monastir, pour le textile et l’habillement
  • Pôle Industriel et Technologique de Gabès, écotechnologie et géothermie
  • Biotech Pole de Sidi Thabet, santé et industries pharmaceutiques
  • Technopole de Borj Cédria, énergies renouvelables, eau et biotechnologie végétale
  • Pôle de Compétitivité de Bizerte, agro-alimentaire
  • Pôle de Compétitivité d’Elgazala, technologies de la communication
  • Technopole de Sousse (Novation City), mécanique, électronique et informatique
  • Technopole de Sfax : TIC et multimédia
  • Pôle de Compétitivité de Gafsa, multisecteur
  • Pôle de Compétitivité de Médenine, énergies renouvelables, richesses naturelles du Sahara

 

Viennent ensuite les clusters constitués par l’engagement des acteurs locaux. A l’heure actuelle ces clusters concernent la région de Sfax et sont au nombre de trois :

 

  • Cluster MecaDev pour la mécanique
  • Cluster HealthTech de technologies santé
  • Cluster Logistique de Sfax, émergent

 

Enfin, viennent les clusters arrimés aux bailleurs de fonds institutionnels et plus particulièrement la GIZ, agence allemande de coopération qui soutient :

  • Le Cluster des Dattes et Palmiers
  • Le Cluster de l’Huile d’Olive du Nord-Ouest

 

Notons que comme en Algérie et au Maroc, le programme  Creative Mediterranean  a retenu deux clusters dans les activités créatives et culturelles :

  • Le Cluster des Arts de la Table de Nabeul, soit 120 à 130 entreprises
  • Le Cluster Mosaïque d’ El Jem, dont la spécialité est la reproduction de motifs romains

 

Au final, les initiatives sectorielles réussissent à prendre le relais des failles du système de financement public. A noter cependant que les startups sont mieux accompagnées et qu’il serait profitable que l’Etat remette sa politique des clusters au même niveau afin de concrétiser les synergies potentielles et existantes

 

Nous précisons à nos lecteurs que cet article prend pour source une étude complète du phénomène des clusters au Maghreb réalisée par l’IPEMED.

 

Notre article introductif aux clusters dans la zone Maghreb

Pour lire notre article sur les Clusters au Maroc et en Algérie

 

 

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