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Denys Bédarride
vendredi 3 avril 2020 Dernière mise à jour le Vendredi 3 Avril 2020 à 16:20

Le ministre des Finances a annoncé d’une part que le FMI octroierait un prêt de 400 millions USD à la Tunisie, et que le gouvernement renonçait au programme en cours et d’autre part la mise en œuvre d’un nouveau mécanisme de fixation des prix du carburant.

Le ministre des Finances, Nizar Yaïche, a annoncé le 23 mars 2020 que le Fonds Monétaire International (FMI) va octroyer un prêt d’environ « 400 M USD » à la Tunisie pour lutter contre la pandémie. 

Le Fonds a en effet accepté la demande de la Tunisie de bénéficier de son instrument de financement rapide « RFI » (rapid financing instrument), qui permet de répondre à des besoins urgents de balance des paiements. Le montant maximum mobilisable sur l’année s’élève à 50% de la quote-part annuelle du pays auprès du Fonds (quote-part de 545,2 M Droits de Tirage Spéciaux, soit 744,25 M USD), ce qui correspond à un montant maximum de 372 M USD en 2020. 

La Tunisie a privilégié le RFI plutôt que le versement d’une nouvelle tranche du programme actuel, qui devait s’achever en mai 2020. En agissant ainsi, le gouvernement met fin de facto au programme en cours, prenant la forme d’un Mécanisme Elargi de Crédit (MCE), débuté en mai 2016 pour une durée de 4 ans, et d’un montant initial de 2,9 Mds USD (réévalué à 2,7 Mds USD). 

Les montants totaux décaissés dans le cadre de ce programme s’élèvent à 1,6 Md USD, soit moins de 60% du montant prévu. 

« Nous avons demandé officiellement au FMI d’arrêter la 6ème revue étant donné que nous aurons la possibilité d’avoir, à peu près, le même montant immédiatement dans le cadre du nouveau mécanisme d’aide mis en place par le FMI suite à la propagation de la pandémie de Coronavirus. Finalement, on gagne du temps par rapport à la renégociation du nouveau programme, ce qui reflète plus et mieux la vision du nouveau gouvernement notamment sur les aspects sociaux et de relance économique », a déclaré Nizar Yaïche. Le ministre a également précisé qu’une « sortie sur le marché international » serait préparée pour répondre aux besoins de financement du pays.

Par ailleurs, concernant le versement des salaires dans la fonction publique pour le mois d’avril 2020, M. Yaïche a indiqué qu’un plan de trésorerie est en cours et qu’il permettra de payer les salaires à temps. Le ministre a cependant alerté le 26 mars 2020 devant l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) sur la situation des finances publiques, déjà problématique, et qui s’aggravera avec la crise du coronavirus : 

« Avec la loi de Finances adoptée, nous ne pouvons payer les dépenses ». Nizar Yaïche a indiqué que « les chiffres que vous voyez et la loi de Finances sont élaborés selon une méthode bien déterminée, respectant une loi organique datant de plusieurs années. Les chiffres fournis par le ministère des Finances sont corrects, mais établis selon une ancienne méthode qui est désormais la méthode actuelle. Malheureusement, cette méthode ne reflète pas la réalité de la situation, puisqu’elle ne prend pas en considération les arriérés de l’année précédente, celle de 2019. Elle ne comporte pas, également, les engagements hors budgets, ni les crédits des entreprises publiques et privées. Il s’agit de millions de dinars ». 

Le ministère des Finances travaillerait actuellement sur l’application en Tunisie des normes comptables internationales pour le secteur public (IPSAS).

En outre, Nizar Yaïche a annoncé un nouveau mécanisme de fixation des prix du carburant à la pompe, probablement pour mi-mai 2020, afin de refléter les baisses du prix du baril de pétrole sur les prix à la pompe. Pour rappel, le FMI est favorable à une suppression progressive des subventions énergétiques pour réduire le déficit public. 

L’Etat versait jusqu’alors des subventions aux carburants notamment pour compenser la perte de revenus des distributeurs, correspondant à l’écart entre les prix des carburants à la pompe pratiqués en Tunisie et les prix du marché (qui étaient plus élevés). 

Dans le cadre du programme appliqué en Tunisie, le FMI exigeait des hausses successives des prix des carburants à la pompe pour que ceux-ci se rapprochent des prix du marché, ce qui devait permettre une suppression des subventions aux carburants. 

Source : Service Économique Régional Tunisie-Libye // Economic Service Tunisia-Libya

Ambassade de France en Tunisie // French Embassy in Tunisia

 

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