Liban : La crise du COVID-19 est-elle en train d’accélérer la nécessaire réforme de la dette nationale ?
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Janos Fernandez
mardi 9 juin 2020 Dernière mise à jour le Mardi 9 Juin 2020 à 05:17

Depuis le 17 octobre 2019, les rues du pays grondent d’un peuple lassé d’un système financier corrompu et accumulateur de pression sur les classes moyennes et démunies au profit d’une oligarchie financière et confessionnelle . L’endettement n’a fait que s’accentuer durant la pandémie et il semble désormais inévitable que le système financier soit réformé, notamment sous l’influence du Hezbollah et du FMI.

 

Une dette publique s’élevant à 92 milliards de dollars soit 170% du PIB.

45% de la population vivant sous le seuil de pauvreté. Un clientèlisme devenu un mode de vie pour l’élite. Les maux du pays sont connus et semblent désormais avoir atteint un point de rupture suite à l’aggravation de la situation par la pandémie.

En cause, le système monétaire et bancaire avec la mise en place d’une économie reposant sur l’indexation artificielle au dollar et les pratiques de la Banque du Liban qui a offert aux banques commerciales des taux élévés pour attirer des capitaux revendus à l’Etat.

Le gouvernement d’Hassane Diab a annoncé le 30 avril la fin de l’indexation sur le dollar et une restructuration de la dette et des pertes du secteur bancaire. Avec pour conséquence la perte des deux tiers de la livre libanaise.

Mais surtout, la crise a mis fin au refus de l’aide du FMI en cours jusqu’à lors sous l’influence des éléments chiites du Hezbollah. Or ce dernier a levé l’interdit du recours à l’instance financière internationale.

Le pays espère obtenir 9 à 10 milliards de dollars de la part du FMI ainsi que les 11 milliards promis en 2018 pour réformer le système et jamais versés faute de volonté politique de mettre en oeuvre les réformes nécessaires.

A l’heure actuelle, Riad Salamé, gouverneur de la BDL en poste depuis 1993 est audité par le gouvernement. Mais la récupération des fonds manipulés n’est même pas envisageable et il est surtout question de restructurer le secteur bancaire dont les pertes sont estimées à 83 milliards de dollars.

Bien entendu, le COVID a amplifié le chaos économique et pourrait servir de déclencheur à une réforme financière et politique.

Sachant que la situation est pire que celle de la Grèce onze ans auparavant, l’ évolution se fera de toutes les façons dans la difficulté pour la population libanaise.

Il est en tout cas certain que ces changements se font sous la pression de citoyens exaspérés et, en ce sens, la réussite des négociations avec le FMI marquerait un changement majeur dans la société qui pourrait servir d’exemple à d’autres pays du monde arabe.

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