Libye : L’Audit Bureau a dénoncé la corruption dans le secteur de la santé en Libye et la mauvaise gestion du secteur de l’électricité
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Denys Bédarride
vendredi 10 juillet 2020 Dernière mise à jour le Vendredi 10 Juillet 2020 à 15:12

Dans son rapport le 16 juin 2020 à la Chambre des représentants à Tripoli (non-reconnue), le chef de l’Audit Bureau libyen Khaled Shakshak a déclaré que l’Organisation de fournitures médicales (Medical Supply Organisation – MSO) était un désastre pour le secteur de la santé libyen et que l’importation de médicaments de MSO gaspillait encore plus d’argent public que la contrebande de carburant subventionné.

Les médicaments et équipements médicaux importés par la MSO sont subventionnés et remis gratuitement aux patients.

Des médicaments subventionnés se retrouvent dans le secteur privé pour être vendus aux prix du marché et introduits en contrebande dans les pays voisins.

Par ailleurs, Khaled Shakshak a déclaré que le ministère de la Santé n’avait pas organisé d’appel d’offres public pour la fourniture d’approvisionnement médical depuis 2011, et qu’il préférait opérer par le biais de contrats directement attribués, ce qui a alimenté la corruption.

De plus, il a déclaré que le ministère de la Santé ne disposerait d’aucun système ou mécanisme pour déterminer les besoins globaux en médicaments de la Libye, et qu’il n’a pas non plus mis en place de système de contrôle des stocks capable de surveiller et comptabiliser les produits importés du point d’importation au point d’utilisation.

Les produits seraient donc surstockés et atteindraient leurs dates de péremption dans un hôpital, alors que des pénuries sont observées dans certains hôpitaux. D’autre part, l’Audit Bureau a critiqué la mauvaise gestion et la corruption dans le secteur de l’électricité. Selon M. Shakshak, la GECOL, la Banque centrale de Libye (BCL) et les conseillers gouvernementaux seraient responsables du déficit important de production d’électricité en Libye depuis la révolution de 2011.

Il a accusé la GECOL d’avoir gaspillé 3 Mds LYD dans des contrats de construction de nouvelles centrales électriques, qui n’auraient pas été mis en œuvre. Selon lui, avec une meilleure gestion, la GECOL aurait pu générer 2 000 MW supplémentaires pour porter la production libyenne de 5 000 à 7 000 MW.

Cela aurait compensé une grande partie du déficit de production d’électricité, à l’origine de coupures de courant récurrentes de 6 à 12 heures par jour. Il a également blâmé la BCL pour les retards dans l’ouverture des lettres de crédit pour payer l’importation des pièces de rechange nécessaires à l’entretien des centrales électriques.

Enfin, Khaled Shakshak a accusé les conseillers gouvernementaux d’avoir décidé de l’ouverture ou non de lettres de crédit par la BCL.

Source : Ambassade de France en Tunisie, Service Économique Régional Tunisie-Libye | Economic Service Tunisia-Libya

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