Algérie : Le dialogue entre Paris et Alger de nouveau renoué. Explications
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Janos Fernandez
lundi 20 juillet 2020 Dernière mise à jour le Lundi 20 Juillet 2020 à 07:49

Abdelmajid Tebboune s’est entretenu au téléphone avec Emmanuel Macron le jeudi 9 juillet. Les déclarations du président algérien confirment que les lignes sont bien de nouveau ouvertes entre les palais d’El Mouradia et de l’Elysée.

 

Il faut remettre en contexte ce réchauffement. 

Abdelmajid Tebboune avait rappelé le 27 mai dernier son ambassadeur en France, suite à la diffusion de deux documentaires “Algérie Mon Amour” et “Algérie : Les Promesses de l’Aube“, diffusés sur la chaîne du service public France 5 et La Chaîne Parlementaire (LCP).

 

La liberté de ton des jeunes algériens interviewés dans ces films et leur regard sur la société et le mouvement Hirak n’ont semble-t-il pas plu à l’Etat algérien qui les as pris comme des attaques contre les institutions.

Mais depuis la situation s’est améliorée et le président algérien a déclaré après un entretien téléphonique avec Emmanuel Macron qu’avec ce dernier, il était possible « d’aller loin ». Notons que le 3 juillet la France avait restitué à l’Algérie les dépouilles de 24 résistants algériens.

Nul doute que ce geste à haute valeur symbolique et historique a permis de mettre en place les conditions d’un dialogue constructif entre les deux Etats.

D’autres ossements sont également prévus pour rapatriement. Ce geste n’est bien sûr pas sans conséquence au vu de l’histoire partagée entre les deux pays. 

Cet entretien aura permis d’évoquer la question de la mémoire, point douloureux entre les deux pays mais a aussi permis de renouer coordination et concertation entre les deux pays.

Cependant le président Tebboune a bien insisté sur l’importance de ce travail mémoriel qui constitue le ciment et surtout la condition sine qua non d’une reprise de dialogue fructueuse entre les deux nations.

Il est vrai que ces question toujours en arrière plan et toujours évitées constituent un frein et empoisonnent les relations entre les deux pays depuis plus de cinquante ans.

Il semble cependant qu’ Emmanuel Macron franchisse un grand pas dans la résolution de cette problématique après la nomination de l’historien Benjamin Stora, spécialiste français de la question pour se charger de la mise en place de ce travail de mémoire. Un homologue algérien doit être désigné très prochainement.

Cependant ce processus de réconciliation historique ne pourra se faire que par une reconnaissance officielle des crimes de la France en Algérie, point épineux depuis plusieurs décennies.

Le président algérien précise que les compensations matérielles ne seront recherchées que pour les essais nucléaires, dont les victimes souffrent encore.

Au final, Abdelmajid Tebboune et Emmanuel Macron semblent tous deux disposés à établir un nouveau dialogue d’égal à égal, à condition que la France reconnaisse ses errements passés afin de reconstruire une relation débarrassée des scories d’une histoire commune.

Et le président algérien de conclure : « L’Algérie est incontournable pour la France, et la France l’est pour l’Algérie. »

Reste à voir ce que les deux pays seront prêts à se concéder l’un l’autre, et si la France pourra trouver un équilibre entre les principes républicains de défense de l’expression et la volonté de ne pas heurter un frère régulièrement épinglé par les journalistes et la société civile pour sa gestion cavalière de notions démocratiques fondamentales.

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