La Tunisie n’a plus de Premier Ministre, Elyes Fakhfakh ayant démissionné
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Denys Bédarride
lundi 20 juillet 2020 Dernière mise à jour le Lundi 20 Juillet 2020 à 07:44

Le chef du gouvernement Elyes Fakhfakh a présenté sa démission suite à des soupçons de conflit d’intérêts et le dépôt d’une motion de retrait de confiance le visant. Une motion de retrait de confiance au président du Parlement Rached Ghannouchi a également été déposée.

 

Dans un communiqué publié le 15 juillet 2020, la présidence du gouvernement a annoncé la démission officielle du chef du gouvernement Elyes Fakhfakh :

« Faisant primer l’intérêt national, afin d’épargner au pays plus de difficultés, en respect aux promesses et à l’éthique de la vie politique, le chef du gouvernement a présenté aujourd’hui sa démission au président de la République, en vue de lui permettre une nouvelle issue à la crise ».

Cette démission fait suite à des soupçons de conflit d’intérêts pesant sur Elyes Fakhfakh, qui se voyait reprocher d’avoir pris ses fonctions tout en possédant des parts dans une entreprise elle-même présente dans le capital d’une société ayant décroché des contrats publics.

Le parti islamiste Ennahdha, dirigé par Rached Ghannouchi, actuel président de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP), avait déposé plus tôt dans la journée une motion de retrait de confiance au chef du gouvernement.

Si celle-ci avait été adoptée, Ennahdha aurait nommé le successeur de Elyes Fakhfakh.

Mais Elyes Fakhfakh ayant démissionné entre- temps, la nomination sera du ressort du président de la République Kaïs Saïed.

La Constitution prévoit que le président de la République informe le président de l’ARP de cette démission et dispose, dès lors, d’un délai de dix jours, pour désigner la personne qu’il jugera la plus appropriée pour diriger le prochain gouvernement après concertations avec les présidents des partis politiques et des blocs parlementaires.

La personne nommée dispose ensuite d’un mois pour former son gouvernement et le proposer au vote de confiance de l’ARP. Si au bout d’un mois, elle échoue à former un cabinet ou à obtenir la confiance du Parlement, le président de la République peut décider de dissoudre l’ARP et appeler à des élections anticipées.

Par ailleurs, selon un communiqué de la Kasbah le 13 juillet 2020, Elyes Fakhfakh avait décidé d’opérer un remaniement ministériel. La présidence du gouvernement a ainsi annoncé le 15 juillet 2020 le limogeage des six ministres d’Ennahdha.

En parallèle, une motion visant à retirer la confiance au président de l’ARP, M. Ghannouchi, a été déposée officiellement le 16 juillet 2020. Elle a rassemblé 73 signatures. Le parti Attayar aurait refusé d’ajouter les 16 signatures provenant du Parti Destourien libre. La motion sera examinée en plénière. Pour qu’elle soit adoptée, 109 voix sont requises (la majorité des députés de l’ARP).

Source : Ambassade de France en Tunisie; Service Économique Régional Tunisie-Libye | Economic Service Tunisia-Libya

 

 

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