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Denys Bédarride
lundi 27 juillet 2020 Dernière mise à jour le Lundi 27 Juillet 2020 à 09:19

La Turquie avait annoncé que son navire sismique MTA Oruc Reis lance ses travaux le 21 juillet, dans le cadre de l’exploration de pétrole et de gaz dans la région. Cela a fait ressurgir les problèmes approfondis à cause des efforts de délimitation maritime, en ignorant la Turquie, le pays ayant les plus longues côtes en Méditerranée orientale. Les experts insistent sur le fait que la Turquie mène ses activités d’exploration d’hydrocarbures en mer Égée et en Méditerranée, dans le cadre du droit international.

 

L’avocat Suleyman Bosca, président de l’Institut des Recherches sur le droit de l’énergie, a déclaré à l’Agence Anadolu, que les pays riverains n’ont pas besoin de proclamer leur droits naturels sur leur plateau continental.

La Grèce et l’Italie ont signé un accord sur la Zone économique exclusive (ZEE) en juin 2020, en se basant sur le continent, et cela signifie en réalité que la Grèce admet implicitement que les îles n’ont pas de droit sur le plateau continental et la ZEE, explique Bosca. Actuellement, les îles appartenant à la Grèce se situent sur la prolongation naturelle de la Turquie, et ces îles ne peuvent pas être considérées comme plateau continental, dans la coutume.

La Cour internationale de Justice souligne que le plateau continental doit être délimité suivant les ‘principes équitables’. Ainsi, considérer ces îles dans le cadre du plateau continental de la Grèce, est contre ce principe. C’est aussi contre la règle de partage équitable de la mer Égée entre la Turquie et la Grèce, comme le prévoit le Traité de Lausanne.

Bosca a rappelé que la Turquie et la Libye avaient signé un accord de délimitation maritime le 27 février, en information les Nations unies (ONU) des coordonnées du plateau continental.

“Le navire Oruc Reis effectue ses travaux dans ces zones, dit-il. La Turquie n’a pas agi contre le droit international, donc la réaction de la Grèce ne convient pas au droit international.

Pour sa part, le professeur Mehmet Efe Biresselioglu de l’Université d’économie d’Izmir a souligné que le navire Oruc Reis ne viole pas la ZEE de la Grèce.

La déclaration du plateau continental par la Grèce, en se basant sur les îles, ne convient pas au droit international, selon Biresselioglu.

La Grèce doit appliquer le principe de ‘partage équitable’ prévu dans la Convention de l’ONU sur le droit de la mer dont elle est signataire, indique-t-il. La distance des îles au continent, leur taille et la longueur des côtes aident à déterminer l’application du principe. L’île Meis (Kastellorizo), au large de laquelle Oruc Reis mène ses activités, est à 580 kilomètres de la Grèce, mais à 2 kilomètres de la Turquie. Ainsi, les propos grecs ne conviennent pas au principe de ‘partage équitable’.

Le président du Centre de recherches sur les stratégies et politiques d’Énergie (TESPAM), Oguzhan Akyener a noté qu’il est incorrect de délimiter son plateau continental suivant les îles qui sont très loin du continent.

Autrement dit, les allégations grecques n’ont aucune validité dans le droit international, a-t-il conclu. Il y a plusieurs accords dans ce domaine, notamment entre la Grèce et l’Italie, le Royaume-Uni et la France, le Nicaragua et la Colombie, la Libye et Malte, la Tunisie et l’Italie. Même si la Grèce est gênée par les démarches de la Turquie, elle ne peut rien faire ni au niveau militaire, ni au niveau juridique, économique ou politique. La Turquie ne fera aucune concession quant à ses droits et ne permettra pas qu’on piétine ceux de ses voisins, dont la Libye. La Turquie est le pays le plus fort et ayant raison juridiquement.

Source Agence Anadolu

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