Tunisie : 67 mesures financières et fiscales à court terme pour appuyer le plan de sauvetage économique
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Denys Bédarride
lundi 27 juillet 2020 Dernière mise à jour le Lundi 27 Juillet 2020 à 09:23

Alors que 1 406 cas de contamination au coronavirus et 50 décès ont été confirmés en Tunisie au 14 juillet 2020 selon le ministère de la Santé, le ministre des Finances Nizar Yaiche a annoncé le 21 juillet 2020 une série de 67 mesures financières et fiscales à court terme censées appuyer le plan de sauvetage économique élaboré par le gouvernement Fakhfakh.

Celles-ci s’articulent autour de 8 axes : consolider l’investissement et améliorer le climat des affaires ; soutenir les startups decashing

Le ministre des Finances a cité notamment les mesures suivantes : activation du mécanisme des garanties de l’Etat avec un budget total de 1,5 Md TND, accélération du paiement des fournisseurs de l’Etat et des entreprises publiques, rééchelonnement des dettes fiscales, activation du fonds pour les startups (240 M TND), révision en profondeur du Code de change, etc.

Les Tunisiens résidant à l’étranger seront désormais autorisés à effectuer des dépôts en devises dans les banques tunisiennes selon un taux compétitif par rapport à ce qui est pratiqué dans les pays de résidence. NizarYaiche a par ailleurs déclaré dans un entretien le 20 juillet 2020 que la restructuration financière des entreprises publiques coûterait à l’Etat plus de 10 Mds TND.

Il convient de noter que l’annonce de ces mesures intervient dans un contexte d’instabilité gouvernementale.

La démission officielle du chef du gouvernement Elyes Fakhfakh a en effet été annoncée le 15 juillet 2020, et un nouveau gouvernement doit être formé. Elyes Fakhfakh a déclaré dans une interview le 23 juillet 2020 :

« Certaines parties voulaient à tout prix rentrer dans le système ou, à défaut, le casser, sans prendre en considération ni la situation sanitaire, ni la situation sécuritaire et encore moins la situation sociale du pays. On n’a pris en compte que ses petits intérêts partisans », faisant ainsi référence au parti islamiste Ennahdha.

Il a ajouté que Ennahdha ne voulait pas de ce gouvernement et que le parti islamiste ne l’avait jamais soutenu. A cet égard, l’agence de notation Moody’s a déclaré que :

« la démission du gouvernement Fakhfakh, quelques mois seulement après son accession aux responsabilités, et la difficulté de trouver un gouvernement de remplacement en mesure d’avoir la confiance d’un parlement divisé (…), outre la poursuite des risques liés à la propagation de la pandémie du Covid-19, nous a poussés à prévoir une révision à la baisse du classement de la Tunisie, en avril prochain ». En particulier, l’agence note que « le prolongement des concertations sur la formation d’un nouveau gouvernement, ou la tenue d’élections anticipées retarderont l’accord entre la Tunisie et le FMI sur un nouveau programme de financement ».

Or, Moody’s considère l’accord avec le FMI comme étant nécessaire pour garantir le maintien d’un accès aux sources de financement externes, couvrant près de la moitié des besoins de la Tunisie en termes de financements.

D’autre part, la Banque Mondiale a indiqué que l’enveloppe totale d’aide internationale accordée à la Tunisie en 2020 pour lutter contre le Covid-19, incluant les contributions de plusieurs institutions financières internationales atteindra entre 600 et 700 M USD.

 

Source : Ambassade de France en Tunisie, Service Économique Régional Tunisie-Libye | Economic Service Tunisia-Libya

Direction générale du Trésor | French Treasury

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