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Denys Bédarride
Aujourd'hui Dernière mise à jour le Lundi 9 Mars 2026 à 11:10

La guerre en Iran, déclenchée le 28 février par des frappes israélo américaines, représente un bouleversement majeur pour les pays de la zone Proche et Moyen-Orient, tous concernés à des degrés divers. Au-delà des belligérants, des drones et missiles ont été interceptés en Jordanie et au-dessus de la Syrie, le Kurdistan irakien (notamment Erbil) a été touché par les frappes iraniennes, et le tir du Hezbollah contre Israël dans la nuit du 1er au 2 mars a conduit à un embrasement au Liban, avec des frappes nourries sur le sud du pays, dans la Bekaa et à Beyrouth Sud. 

S’il est difficile d’établir un bilan des destructions, les informations provenant d’Iran étant par exemple limitées, il semblerait qu’aucune infrastructure critique n’ait été pour l’heure touchée dans la zone, contrairement aux pays du Golfe.

Les conséquences économiques de ce conflit sont toutefois déjà perceptibles sur les pays du Proche et Moyen-Orient. Il s’agit d’abord d’une désorganisation des flux. 

Les espaces aériens ont été totalement fermés (Iran, Irak, Syrie, et Israël mais avec des vols de rapatriement). Les compagnies nationales de Jordanie (Royal Jordanian) et du Liban (Middle East Airlines) ont repris ou continuent de desservir l’Europe et certaines villes du Moyen-Orient. 

Les liaisons maritimes sont les plus concernées : en plus du détroit d’Ormuz, celui de Bab el-Mandeb a été touché, notamment par des tensions avec les Houthis, conduisant à la décision des grands armateurs (Maersk, CMA CGM, MSC) de suspendre le passage des navires par le canal de Suez, représentant pourtant 12 % du commerce maritime mondial en temps normal. Les revenus financiers afférents de l’Égypte vont subir cet impact.

Il s’agit également d’un choc énergétique. 

La production d’hydrocarbures a été mise en pause dans certaines zones d’Irak, tant pour le pétrole (entreprise norvégienne DNO, sociétés Gulf Keystone, HKN, Shamaran) que pour le gaz (société émirienne Dana), conduisant à une diminution de plus d’un tiers de la production de pétrole en Irak fédéral. 

La forte baisse des livraisons d’hydrocarbures provenant d’Iran affecte la production d’électricité dans l’ensemble des provinces du pays (20 à 30 % de l’électricité irakienne est produite à partir de gaz iranien). Israël a de même suspendu la production et l’exportation de gaz provenant des champs offshore de Karish et Leviathan. 

En conséquence, des difficultés émergent déjà pour l’Égypte, dont 16 % du gaz provient d’Israël, et pour la Jordanie (80 % du gaz destiné à la production électrique étant israélien), donc en cascade sur la Syrie (arrêt des réexportations de Jordanie), avec des coupures d’électricité importantes.

Enfin, le conflit commence déjà à avoir des effets sur plusieurs secteurs de l’économie. 

Pour le tourisme, des annulations concentrées pour l’heure sur le mois de mars concernent déjà l’Égypte ainsi que la Jordanie, où ce secteur représente 15 % du PIB. Le chantier du National Conveyor (usine de dessalement à Aqaba) pourrait également être retardé. 

Pour l’Irak et, dans une moindre mesure, la Syrie, pourraient également être concernées les importations alimentaires, qui proviennent en grande partie d’Iran, d’autant que ce pays a interdit toute exportation en la matière jusqu’à nouvel ordre.

Au global, l’impact du conflit dépendra de l’intensité des opérations militaires, de sa durée, de ses effets macroéconomiques (poussées inflationnistes, délais et prix des transports) et de la capacité d’absorption des différents pays (dépréciation de la monnaie locale, pressions budgétaires). 

Des mesures ont déjà été prises pour faire face, comme l’exonération des droits de douane et taxes à l’importation de marchandises par voie maritime en Jordanie, visant à limiter l’impact de la hausse du coût du fret.

Source : Ambassade de France au Liban et en Israël 

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