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Denys Bédarride
Aujourd'hui Dernière mise à jour le Jeudi 12 Mars 2026 à 14:12

Les tensions dans le détroit d’Ormuz, provoquées par l’escalade militaire entre l’Iran, les États-Unis et Israël, entraînent un choc majeur sur les marchés pétroliers mondiaux. Dans ce contexte, l’Égypte tente de tirer parti de la situation.

Le Caire cherche à se positionner comme une plateforme alternative pour l’exportation du pétrole du Golfe, alors que le détroit d’Ormuz, l’un des principaux corridors énergétiques du monde, est pratiquement à l’arrêt. Les autorités égyptiennes ont ainsi proposé à des compagnies internationales la location d’une dizaine d’installations de stockage de pétrole situées sur la mer Rouge.

L’objectif est d’attirer des cargaisons en provenance notamment d’Arabie saoudite, du Koweït, d’Irak et du Qatar, dont les exportations sont fortement perturbées par la situation sécuritaire dans le Golfe.

En parallèle, l’Égypte a mis en avant l’un de ses principaux atouts logistiques la semaine dernière, qui est l’oléoduc Sumed. L’infrastructure relie le terminal d’Aïn Sokhna sur la mer Rouge au port de Sidi Kerir sur la Méditerranée. Cette infrastructure permet de transporter le pétrole arrivé par la mer Rouge vers les marchés européens et méditerranéens sans passer systématiquement par le canal de Suez.

Cette stratégie intervient alors que le commerce pétrolier mondial connaît de fortes perturbations. Le détroit d’Ormuz, par lequel transite habituellement près de 20 % du pétrole consommé dans le monde, est désormais paralysé, à cause du conflit en cours.

Les producteurs du Golfe tentent déjà d’adapter leurs circuits logistiques. L’Arabie saoudite, premier exportateur mondial de brut, redirige une partie de ses exportations vers la mer Rouge grâce à ses propres pipelines et augmente ses expéditions depuis le port de Yanbu. Dans le même temps, le royaume a proposé plusieurs millions de barils de pétrole sur le marché spot, une démarche inhabituelle qui illustre les difficultés rencontrées pour écouler certains volumes dans le contexte actuel.

Impact sur les prix du baril

Ces perturbations ont provoqué une forte tension sur les prix du pétrole. A l’ouverture de la session asiatique, lundi 9 mars, le Brent, référence mondiale, a bondi jusqu’à environ 117 dollars le baril, enregistrant une hausse journalière d’environ 27 %, la plus forte progression depuis la fin des années 1980. Le brut américain WTI a aussi suivi une trajectoire similaire, dépassant 116 dollars le baril.

Cette flambée s’explique par la crainte d’un choc d’approvisionnement majeur. Plusieurs analystes estiment que la crise actuelle pourrait constituer le plus important choc d’offre pétrolière depuis les années 1970 si les perturbations dans le Golfe se prolongent.

Pour Le Caire, l’enjeu est à la fois économique et stratégique. La location d’infrastructures de stockage et l’utilisation accrue du pipeline Sumed pourraient générer des revenus supplémentaires, tout en renforçant l’ambition du pays de devenir un hub énergétique régional, déjà affirmée dans le secteur du gaz naturel en Méditerranée orientale.

L’ampleur de ce rôle dépendra de l’évolution des tensions au Moyen-Orient. Si le détroit d’Ormuz reste perturbé, les routes alternatives via la mer Rouge et la Méditerranée pourraient prendre une importance croissante dans l’organisation du commerce pétrolier mondial.

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