Alors que la guerre en Iran accroit les craintes inflationnistes, les nouvelles règles tunisiennes visent à réduire les dépenses en devises et à limiter le déficit commercial du pays, qui importe plus de la moitié de ses besoins en produits énergétiques et en céréales.
La Banque centrale de Tunisie (BCT) a annoncé cette semaine un durcissement des conditions de financement des importations de produits non prioritaires par les banques et les établissements financiers, en vue de préserver les réserves en devises du pays dans un contexte de hausse de la facture des importations depuis le début de la guerre au Moyen-Orient.
« Les intermédiaires agréés ne peuvent mettre à la disposition de leurs clients des concours financiers pour le financement de l’importation de produits considérés non prioritaires (…), qu’à la condition que les importateurs constituent, sur leurs fonds propres, des déposits couvrant la totalité de la valeur des importations envisagées », a souligné l’institution dans une circulaire, qui comprend une longue liste de produits jugés non prioritaires comme les voitures de tourisme, les vêtements, les produits cosmétiques, les boissons alcoolisées, les appareils électroménagers, les fruits, les articles de papeterie et les jouets.
Ces nouvelles dispositions s’appliquent avec effet immédiat, quel que soit le mode de règlement des importations (crédit documentaire, virement bancaire, traite, etc.) et la forme de financement apportés par les établissements financiers (crédits, avances, garanties bancaires, etc.). La BCT a également appelé les organismes spécialisés dans le financement du commerce à s’assurer du strict respect de la réglementation en vigueur avant toute domiciliation, et à vérifier l’exactitude des codes de la nomenclature générale des produits à importer.
Elle a cependant indiqué que les nouvelles règles ne s’appliquent pas aux importations de produits réalisées dans le cadre de marchés publics conclus au profit de l’Etat, des entreprises publiques et des collectivités locales, ainsi qu’aux importations réalisées par les entreprises industrielles, sous réserve de la production par lesdites entreprises, d’une fiche technique délivrée par les services compétents du ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Energie, attestant que le produit importé est directement lié à l’activité de l’entreprise.
Les nouvelles règles surviennent alors que Tunis cherche à rationaliser la gestion de ses réserves en devises, qui couvraient 106 jours d’importation au 26 mars 2026, et à réduire son déficit commercial, dans un contexte international marqué par la hausse des prix de plusieurs produits depuis le déclenchement de la guerre en Iran.
Le pays d’Afrique du Nord, dont les principales importations comprennent des produits énergétiques, des machines & équipements, et des produits alimentaires, a vu son déficit commercial atteindre 21,80 milliards de dinars (environ 7,45 milliards USD) sur l’ensemble de l’année 2025, contre 18,92 milliards de dinars en 2024, selon les données de l’Institut national de la statistique (INS).





















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