Alors que le chômage des diplômés du supérieur était de 23,5 % fin 2025, la Tunisie veut miser sur la migration encadrée pour exporter ses compétences et offrir des débouchés à sa jeunesse.
Une étape a été franchie le 8 avril avec le lancement de la nouvelle phase du projet THAMM+OFII. À cette occasion, le ministre de la Formation professionnelle et de l’Emploi, Riadh Chaoued, a annoncé des avancées dans le développement de partenariats européens. Parmi elles, près de 15 000 postes pourraient être proposés à des travailleurs tunisiens dans le secteur du tourisme en Autriche, selon la presse locale.
Baptisé « Pour une approche intégrée de la gestion des migrations et de la mobilité des travailleurs en Afrique du Nord », ce projet était initialement centré sur la France. Il s’étend désormais à plusieurs pays de l’Union européenne, grâce à des accords avec l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) visant à élargir les partenariats, selon le ministre Chaoued.
La pression sur le marché du travail reste forte dans le pays d’Afrique du Nord. Selon l’Institut national de la statistique (INS), le chômage des jeunes de 15 à 24 ans atteignait 37,7 % au premier trimestre 2025. Chez les diplômés du supérieur, il atteignait 23,5 %, avec de fortes disparités entre les sexes, soit 13,6 % chez les hommes contre 30,7 % chez les femmes. Face à ce défi structurel, la migration organisée s’impose comme une soupape économique autant que sociale.
Le rôle de la diaspora illustre déjà ce potentiel. À fin 2024, les transferts des Tunisiens résidant à l’étranger représentaient 30 % des réserves en devises de la Banque centrale de Tunisie (BCT), soit 6,5 % du PIB, selon son gouverneur Fethi Zouhaier Nouri. Ces flux ont atteint 8,13 milliards de dinars (environ 2,8 milliards de dollars), en hausse de 6,15 % par rapport à 2023.
Dans le même temps, le recul des départs irréguliers vers l’Europe offre une fenêtre d’opportunité pour les autorités tunisiennes. Celles-ci évoquent une baisse marquée, les départs étant passés de 97 667 en 2023 à 19 245 en 2024, soit un repli d’environ 80 %. Tunis entend capitaliser sur cette dynamique pour promouvoir une approche renouvelée de la migration, avec l’ambition de faire de chaque insertion professionnelle réussie à l’étranger un facteur de stabilité économique et sociale.





















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