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#Chomage #Economie #Emploi #Travail #ALGERIE
Agence Ecofin
jeudi 2 juillet 2026 Dernière mise à jour le Jeudi 2 Juillet 2026 à 07:58

Face à un taux de chômage des diplômés universitaires représentant plus de 30 % des demandeurs d’emploi, l’Algérie engage une réforme de la lisibilité de ses certifications pour mieux connecter l’université au marché du travail.

Le gouvernement algérien souhaite donner de la visibilité à ses diplômés sur le marché du travail local comme à l’étranger. Dans cette optique, le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique a lancé la version pilote de la plateforme numérique du Cadre national de certification et de qualification (CNC). Selon un communiqué officiel publié le mercredi 17 juin, cette plateforme vise à aligner les résultats de la formation universitaire sur les besoins réels de l’économie nationale et à faciliter la reconnaissance des diplômes sur les marchés du travail locaux et extérieurs.

Concrètement, le dispositif se veut un référentiel pour décrire et classer les titres de l’enseignement supérieur selon des niveaux précis de compétences. Il intègre les acquis d’apprentissage associés à chaque qualification, couvrant les connaissances, les aptitudes techniques, les comportements professionnels, le degré d’autonomie et les capacités de communication. Le ministère qualifie ce lancement comme une « étape fondamentale dans la mise en place d’un système d’enseignement supérieur transparent et fiable », garantissant aux sortants de l’université « la reconnaissance de leurs compétences et facilitant leur mobilité professionnelle » aussi bien sur le territoire qu’au-delà des frontières.

L’urgence de cet outil tient à un paradoxe bien documenté. Avec plus de 1,5 million d’étudiants inscrits chaque année, selon les récentes données gouvernementales, l’université algérienne est un système de masse. Pourtant, les titulaires d’un grade supérieur représentaient 31,4 % des chômeurs recensés en octobre 2024 par l’Office national des statistiques (ONS), avec près de six sans-emploi sur dix en situation de longue durée. La Fondation européenne pour la formation (ETF) pointe comme cause principale de ce décalage la faible implication des entreprises dans la conception des cursus et l’insuffisance de l’analyse des besoins sectoriels.

L’initiative s’inscrit dans une dynamique portée par le Cadre continental africain des certifications (ACQF) de l’Union africaine, opérationnel jusqu’à fin 2026. Cet instrument vise à harmoniser les systèmes de qualification entre pays membres pour faciliter la libre circulation des profils qualifiés à travers le continent.

Pour Alger, disposer d’un référentiel lisible représente un préalable indispensable. Cette base conditionne l’alignement régional et soutient toute stratégie crédible de diversification dans une économie encore largement dépendante des hydrocarbures. La réussite dépendra de la capacité à transformer cette version bêta en déploiement effectif. Le défi reste important puisque le système Licence-Master-Doctorat (LMD) introduit en 2004, et le programme Appui à la formation et à l’enseignement qualifiant (AFEQ) cofinancé par l’Union européenne entre 2017 et 2021 n’ont pas suffi à inverser la tendance.

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