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Agence Ecofin
Aujourd'hui Dernière mise à jour le Samedi 4 Juillet 2026 à 12:04

L’Algérie est déjà le troisième fournisseur de gaz naturel de l’Europe. Le pays cherche à transformer cette position en tremplin pour devenir un exportateur d’hydrogène vert vers le Vieux Continent.

Sonatrach a franchi une nouvelle étape dans sa relation avec Verbundnetz Gas (VNG AG), l’une des plus grandes sociétés allemandes de distribution de gaz naturel. Le 17 juin dernier, la compagnie pétrogazière algérienne a officialisé la signature, à son siège à Alger, d’un protocole d’accord avec l’entreprise européenne.

L’entente signée par Noureddine Daoudi, PDG de Sonatrach, et Ulf Heitmüller, président du directoire de VNG AG, vise à « explorer les possibilités de coopération dans des domaines d’intérêt commun, notamment l’hydrogène vert », selon le communiqué officiel de Sonatrach. Aucun projet concret ou montant d’investissement n’a été annoncé à ce stade.

Ce développement s’inscrit dans la continuité d’un premier accord signé en décembre 2022 entre les deux compagnies, dans le domaine de l’hydrogène vert. Les discussions engagées depuis lors ont abouti à ce deuxième texte qui ambitionne notamment d’élargir la coopération à « la réduction des émissions de méthane ».

Une stratégie qui dépasse VNG

En octobre 2024, Sonatrach avait déjà signé des accords similaires avec plusieurs entreprises européennes lors d’un salon industriel à Oran. L’objectif était d’explorer la possibilité de produire de l’hydrogène vert en Algérie pour l’exporter vers l’Allemagne, l’Italie et l’Autriche via un corridor gazier commun. Un accord distinct avait également été conclu avec le groupe espagnol CEPSA pour un projet de même nature.

L’Algérie est déjà le troisième fournisseur de gaz naturel de l’Europe, après la Russie et la Norvège, avec des gazoducs reliant directement le pays à l’Espagne (Medgaz) et à l’Italie (TransMed). Ces infrastructures pourraient à terme transporter de l’hydrogène ou de l’ammoniac, réduisant les coûts d’acheminement vers les marchés européens.

La stratégie algérienne ne se limite pas à l’Europe. En septembre 2025, une analyse publiée par Agence Ecofin soulignait que Sonatrach cherchait également à nouer des partenariats avec des pays du Golfe dans ce domaine, diversifiant ainsi ses débouchés potentiels pour l’hydrogène vert.

Entre ambitions et défis économiques

Malgré ces accords successifs, la route vers une production commerciale d’hydrogène vert reste semée d’embûches. Un rapport publié en juin dans la revue Nature Energy, par des chercheurs de l’Université technique de Munich, de l’Université d’Oxford et de l’École polytechnique fédérale de Zurich, révèle que produire de l’hydrogène vert en Afrique pour l’exporter vers l’Europe coûte bien plus cher que prévu.

Sur plus de 10 000 sites analysés dans 31 pays africains, seuls 2,1 % pourraient atteindre un seuil de compétitivité économique d’ici 2030, même avec des garanties de prix et d’achat de la part des gouvernements européens. Les coûts de production et de transport restent élevés, en raison notamment du coût des électrolyseurs, les appareils qui séparent l’hydrogène de l’eau grâce à l’électricité, et des infrastructures de transport nécessaires.

Ces contraintes permettent de comprendre pourquoi, sur 34 projets d’hydrogène vert identifiés dans 31 pays africains, seuls deux ont atteint une décision finale d’investissement (FID) et un unique projet pilote est opérationnel, selon le même rapport. L’accord avec VNG AG constitue ainsi une étape supplémentaire dans la construction progressive de ce marché, sans garantir à ce stade de calendrier de production précis.

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