Secteur clé de l’économie, l’agriculture est confrontée aux défis de la sécurité alimentaire, de la gestion des ressources et de l’adaptation au changement climatique. Pour y répondre, les autorités misent de plus en plus sur les données afin d’améliorer le pilotage des politiques agricoles.
Le ministre de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche, Mohamed Abdelhafid Henni, a lancé le 29 juin le Système national d’information agricole (SNIA), une plateforme numérique destinée à centraliser les données du secteur et à améliorer la gouvernance des politiques agricoles. L’initiative, qui s’inscrit dans le plan d’action 2026 du ministère, doit permettre aux autorités de disposer d’informations actualisées pour orienter les décisions aux niveaux national et local.
Conçu comme une infrastructure numérique intégrée, le SNIA regroupera progressivement l’ensemble des données relatives à l’agriculture, à l’élevage, à la pêche et aux ressources naturelles. La première version permet de collecter quotidiennement les informations remontant du terrain, de suivre les superficies récoltées, d’estimer les volumes de production et d’identifier rapidement les difficultés logistiques, notamment les insuffisances en moissonneuses, afin d’apporter des réponses rapides.
Au‑delà de ce premier module, le gouvernement prévoit de faire évoluer la plateforme vers un véritable système d’information couvrant l’ensemble de la chaîne agricole. Elle intégrera notamment un registre national des exploitations agricoles, une base de données foncière, un système de suivi des cheptels et des campagnes de vaccination, ainsi que des modules dédiés aux intrants agricoles, aux programmes de soutien public, au financement agricole, à l’assurance, aux ressources hydriques et à la régulation des marchés. Le dispositif comprendra également des outils de suivi des prix, de surveillance des sécheresses, des incendies de forêt, de la pêche et de l’aquaculture, ainsi qu’un portail destiné à dématérialiser les procédures administratives du secteur.
Cette réforme intervient dans un contexte où l’agriculture constitue un secteur stratégique pour l’économie algérienne. Selon les dernières données de la Banque mondiale, elle représente près de 14 % du PIB et emploie près de 9 % de la population active. Malgré les progrès enregistrés ces dernières années, le pays demeure fortement dépendant des importations de céréales. La FAO estime d’ailleurs que les besoins d’importation devraient atteindre 14,6 millions de tonnes au cours de la campagne 2025/2026, le blé représentant la principale composante de ces achats.
























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