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#Economie #Energie #Petrole #IRAK
Denys Bédarride
Aujourd'hui Dernière mise à jour le Mardi 14 Juillet 2026 à 06:52

Structurellement dépendante des activités pétrolières et caractérisée par un secteur privé peu développé, l’économie irakienne enregistre des performances très volatiles : récession en 2025 (-0,4%) et croissance atone en 2024 (0,1%) et 2023 (0,9%) faisant suite à une hausse 7,7% du PIB en 2022. Cette exposition rend les performances économiques très vulnérables aux fluctuations des cours du baril et au niveau de la production de pétrole. L’exploitation pétrolière a représenté en 2025 environ 40% du PIB, 88% des recettes publiques et 99% des recettes d’exportation.

Au deuxième trimestre 2026, le FMI et la Banque mondiale ont revu à la baisse leurs prévisions économiques pour l’Irak en 2026, anticipant une contraction de l’activité de 6,8% et 8,9% respectivement.

Ces révisions s’expliquent par les fortes baisses de la production et des exportations de pétrole provoquées par le conflit régional. La croissance annuelle moyenne devrait s’établir à 2,8% d’ici à 2030 (contre 3,8% fin 2025) – une performance modeste compte tenu de la croissance démographique soutenue, de l’ordre de 2,4% par an d’ici 2030. La population devrait ainsi passer de 46,1 M en 2024 à 51,2 M en 2030.

Le conflit régional a provoqué un effondrement des exportations pétrolières irakiennes en raison de la fermeture du détroit d’Ormuz par lequel transitaient environ 95 % des exportations pétrolières du pays.

La production de pétrole a chuté de plus de 4,2 M b/j début 2026 à environ 1,4 M b/j en avril. Sur le même mois, les exportations sont estimées à 0,3 M b/j, soit une baisse de plus de 90% par rapport au niveau d’avant-guerre (3,5 M b/j). La reprise de la production et des exportations de pétrole au niveau d’avant-guerre devrait prendre 4 à 6 mois en raison de contraintes logistiques.

Les finances publiques présentent des fragilités structurelles, aggravées par les conséquences des tensions régionales.

Après un excédent de 8,6 % du PIB en 2022, le déficit budgétaire est attendu à 7,9% du PIB en 2026 et le solde pourrait rester en territoire négatif jusqu’en 2030, en l’absence de mesures de contrôle des dépenses de fonctionnement. En 2025, elles représentaient 84% du total des dépenses, dont environ 43% pour les seules dépenses de salaires des agents publics.

Les marges de manœuvre des autorités demeurent limitées.

Les réserves de change, bien qu’encore importantes, ont diminué de 22% entre décembre 2023 et juin 2026, passant de 112 Mds USD à 88 Mds USD (soit 10 mois d’importations), et sont en baisse de 14% depuis février 2026. La dette publique poursuit sa progression et atteint désormais 53,9% du PIB, contre 45,2% en 2024. Afin d’assurer le financement des dépenses prioritaires, plusieurs options sont actuellement examinées par les autorités irakiennes : mobilisation d’une partie des réserves internationales, émissions d’obligations souveraines, soutien des institutions financières internationales. Le recours aux banques internationales privées apparaît à ce stade peu probable compte tenu du coût élevé des financements proposés dans le contexte actuel.

Au-delà de la gestion de cette crise conjoncturelle, les événements récents soulignent la nécessité d’accélérer les réformes de diversification économique engagées depuis plusieurs années par les autorités irakiennes.

Les mesures visant à améliorer le climat des affaires, moderniser le secteur bancaire et favoriser l’investissement privé constituent des avancées positives, mais leurs effets restent encore limités. Dans un contexte de forte croissance démographique et de dépendance persistante aux revenus pétroliers, la diversification de l’économie demeure l’un des principaux défis structurels de l’Irak.

Source Ambassade de France en Irak

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