Tunisie : Les chefs d’entreprise affichent un optimisme prudent. 80% d’entre eux pensent que la situation économique va s’améliorer ou rester stable
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Agence Ecofin
mardi 27 octobre 2026 Dernière mise à jour le Mardi 27 Octobre 2026 à 12:41

Le gouvernement tunisien prévoit d’accroître ses financements extérieurs tout en privilégiant le marché intérieur pour couvrir les besoins de l’État en 2027. Cette stratégie intervient dans un contexte de déficit budgétaire élevé et de lourdes échéances de remboursement de la dette, qui continuent de peser sur les finances publiques.

La Tunisie prévoit d’emprunter 26,722 milliards de dinars tunisiens (TND), soit environ 8,9 milliards $, pour couvrir les besoins de financement de l’État en 2027, selon le projet de Loi de finances 2027, publié par le gouvernement le jeudi 15 octobre. Ce montant représente une hausse de 3,3 % par rapport aux 25,864 milliards TND attendus en 2026.

Le gouvernement compte principalement sur le marché intérieur, qui devrait représenter environ 74,3 % des emprunts prévus, soit 19,845 milliards TND. Il prévoit notamment de recourir aux bons du Trésor à 52 semaines, aux bons du Trésor assimilables (BTA) ainsi qu’aux facilités de financement de la Banque centrale de Tunisie.

Les emprunts extérieurs devraient atteindre 6,877 milliards, contre 4,269 milliards prévus en 2026, soit une hausse d’environ 61,1 %. Cette enveloppe comprend notamment des prêts destinés aux projets publics, des prêts rétrocédés et des financements destinés au soutien du budget.

Les ressources issues des marchés internationaux et des souscriptions privées devraient, pour leur part, atteindre 2,589 milliards, contre 1,375 milliard TND en 2026. Parmi les opérations envisagées figurent deux emprunts obligataires, l’un de 450 millions d’euros et l’autre de 350 millions de dollars. Des institutions financières internationales auraient également manifesté leur intérêt pour des souscriptions privées et directes, mais ces opérations restent à concrétiser.

Le budget tunisien pour 2027 prévoit 68,895 milliards TND de dépenses et 54,280 milliards de recettes, soit un déficit prévisionnel de 14,615 milliards. À cela s’ajoutent 13,307 milliards de remboursements du principal de la dette, représentant 24,5 % des recettes budgétaires prévues.

Une dette élevée qui limite les marges de manœuvre

Ces besoins de financement s’inscrivent dans un contexte d’endettement élevé. Après avoir atteint 84,9 % du PIB en 2024, la dette publique est redescendue à 82,1 % en 2025. Le ministère tunisien des Finances prévoit qu’elle remontera à 83,4 % du PIB en 2026, pour un encours de 156,704 milliards TND.

Fitch Ratings anticipe, de son côté, un taux d’endettement proche de 85 % du PIB en 2026. En septembre 2026, l’agence a maintenu la note souveraine du pays à « B- », avec une perspective stable, reflétant un risque de crédit élevé.

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