Confrontée à des ressources en eau limitées, l’Égypte confie au secteur privé la gestion et la maintenance de plusieurs stations de dessalement. Évalués à 84,6 millions $, les contrats devraient améliorer la fiabilité des installations, dans le cadre d’une stratégie nationale visant une capacité de production de près de 10 millions de m³ par jour d’ici 2050.
L’Égypte a signé avec des entreprises privées des contrats portant sur la gestion et la maintenance de 11 stations de dessalement d’eau de mer, d’une capacité totale de 485 000 m³ par jour. Le coût global des contrats s’élève à environ 4,6 milliards de livres égyptiennes (84,6 millions de dollars), pour une dépense annuelle moyenne proche de 1,2 milliard de livres.
Selon le communiqué du ministère égyptien du Logement, cette initiative vise à « améliorer le fonctionnement des installations, à réduire les pannes et les interruptions de service, à optimiser la consommation énergétique et à garantir la qualité de l’eau produite ».
Les contrats concernent sept stations situées dans le nord et le sud de la péninsule du Sinaï, d’une capacité cumulée de 240 000 m³ par jour, trois stations dans le gouvernorat de Matrouh, totalisant 165 000 m³ par jour, et une station dans la région de la mer Rouge, d’une capacité de 80 000 m³ par jour.
Le président de la Compagnie holding de l’eau potable et de l’assainissement (Holding Company for Water and Wastewater – HCWW), Mostafa El-Cheimi, a souligné que ces accords devaient favoriser le passage d’une maintenance principalement corrective à une approche préventive. L’objectif est notamment d’améliorer la disponibilité des équipements, de prolonger la durée de vie des installations et d’optimiser leur capacité de production.
« La participation du secteur privé ne signifie pas un recul du rôle des entreprises affiliées, mais renforce leur capacité à gérer les actifs, à superviser les opérations et à en assurer le contrôle technique », a-t-il précisé.
Les contrats ont été attribués à plusieurs entreprises et consortiums spécialisés, dont San Misr, Proserve, Orascom Construction, Metito-Orascom, Contrac for Services Management et Elsewedy Utilities.
Le dessalement au cœur de la stratégie hydrique
Ces accords s’inscrivent dans la stratégie égyptienne de développement du dessalement à l’horizon 2050. Face à la hausse des besoins en eau, le pays cherche à diversifier ses sources d’approvisionnement, notamment dans les zones côtières, où la demande est alimentée par les activités urbaines, industrielles et touristiques.
L’Égypte cherche également à développer une industrie locale capable de fournir les équipements nécessaires à cette expansion. Le groupe saoudien ACWA Power a notamment annoncé un projet d’usine de fabrication de membranes d’osmose inverse, un composant essentiel des installations de dessalement. Sa concrétisation contribuerait à renforcer l’approvisionnement local en équipements.
Parallèlement, la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) soutient le développement des activités de dessalement de l’entreprise Ridgewood en Égypte. Le projet doit permettre d’accroître la capacité de production de 10 000 à 15 000 m³ par jour, tout en améliorant l’efficacité énergétique et opérationnelle des installations.
Selon les données communiquées par le ministère du Logement, le pays compte environ 129 stations de dessalement en service, pour une capacité totale de 1,4 million de m³ par jour. Dix-neuf autres installations sont en cours de construction, avec une capacité cumulée de 687 000 m³ par jour. Les autorités visent une capacité de production de près de 10 millions de m³ par jour d’ici 2050.
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