Wind Turbine Sun Star
#Energie #EnergiesRenouvelables #Eolienne #EGYPTE
Agence Ecofin
lundi 7 juillet 2025 Dernière mise à jour le Lundi 7 Juillet 2025 à 11:42

De nombreux pays africains ont un fort potentiel énergétique éolien. Mais avoir un vent fort ne suffit pas. L’Égypte montre qu’il faut également créer un climat favorable pour attirer les investisseurs.

Avec l’entrée en service commercial du Gulf of Suez Wind Farm II (650 MW) le lundi 30 juin, l’Égypte a lancé ce qui est présenté comme le plus grand parc éolien d’Afrique, confirmant son statut de hub continental de l’éolien terrestre. Développé par Eurus Energy, Toyota Tsusho, Engie et Orascom Construction, l’infrastructure qui s’appuie sur des turbines géantes porte la capacité combinée des parcs Gulf of Suez I et II à 912,5 MW.

Dans la même dynamique, le norvégien Scatec prépare déjà un nouveau site de 900 MW à Ras Shukeir. Comment s’expliquent de telles capacités ? Si le potentiel naturel est indéniable — Gulf of Suez et Ras Shukeir présentent des vitesses de vent moyennes de jusqu’à 10,5 m/s selon EnergyPedia —, l’avantage égyptien tient aussi d’un climat des affaires calibré pour sécuriser les investisseurs.

La loi sur les énergies renouvelables de 2014 en a posé les bases, avec des feed-in tariffs garantissant aux producteurs un prix de rachat stable et supérieur au prix de marché sur 20 à 25 ans. Ces contrats couplés à des obligations de rachat et des PPA bancables signés avec la compagnie nationale de transport d’électricité (EETC), ont permis de créer un attrait remarquable. Résultat, entre 2015 et 2020, la capacité énergétique renouvelable installée a bondi de 340%, passant de 887 MW à plus de 3000 MW selon le think thank Carnegie Endowment for International Peace.

Cette ingénierie réglementaire s’accompagne d’instruments financiers variés comme les obligations vertes, les prêts concessionnels ou encore les swaps de dette, tout en s’appuyant sur un alignement actif entre Banque centrale, ministères sectoriels et partenaires multilatéraux comme la Banque mondiale ou l’IFC.

À l’échelle régionale, le contraste est frappant. L’IFC estime à 33 642 GW le potentiel technique de l’éolien en Afrique, soit de quoi couvrir 250 fois la demande électrique actuelle du continent. La région Nord concentre à elle seule plus de la moitié de ce potentiel avec 18 822 GW, dont 6191 GW pour l’Algérie et 2319 GW pour l’Égypte. C’est pourtant cette dernière qui dispose déjà de près de 2855 MW installés selon le Global Wind Energy Council, et d’une dynamique portée par une stratégie claire.

À l’inverse, l’Algérie mobilise encore relativement peu cette ressource considérable. Même constat en Mauritanie, où le potentiel approche 4000 GW, mais où les grands projets industriels tardent encore à se concrétiser.

C’est une leçon pour toute l’Afrique. Posséder un vent fort ne suffit pas. Sans une vision alignée, des règles claires et une architecture financière robuste, le potentiel africain restera sous-exploité. Pour transformer les 461 GW en projets concrets, d’autres pays pourraient s’inspirer du mix égyptien : visibilité réglementaire, partage du risque, simplification administrative et partenariats industriels ambitieux.

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