Le Liban cherche depuis plusieurs années à atténuer la crise économique et énergétique qu’il traverse en faisant conduire des activités de recherche d’hydrocarbures. Sa zone économique exclusive (ZEE) en Méditerranée a ainsi été divisée en 10 blocs d’exploration offshore pour attirer les grands groupes énergétiques internationaux à même de réaliser les relevés et forer les puits pour découvrir du gaz naturel et du pétrole.
Le pays ouvre régulièrement des cycles d’appel d’offres pour l’exploration de ces zones offshore.
Dans le cadre d’un de ces cycles, lancé en 2017, la République du Liban a signé des contrats d’exploration et de production avec un consortium mené par TotalEnergies (alors Total, 35 %), avec Eni (Italie, 35 %) et à l’époque Novatek (Russie, 30 %), pour les blocs 4 et 9 de la ZEE libanaise.
Les contrats prévoyaient des opérations d’exploration, des études sismiques ainsi qu’au moins un puits par bloc pour évaluer la présence d’hydrocarbures. Les conditions contractuelles accordaient en retour à l’État 55 % du profit du potentiel gisement pétrolier ou de gaz.
Le bloc 4, premier bloc à être exploré, n’a pas permis d’obtenir des données favorables.
Le puits dit « Byblos-1 », foré en avril 2020 à environ 4 000 m de profondeur, à 30 km au large de Beyrouth, n’a pas révélé que quelques traces de gaz, insuffisantes pour un champ productif. En conséquence, le consortium a renoncé à la licence du bloc 4, que le Liban a prévu d’ouvrir à nouveau lors d’un prochain appel d’offres.
Le forage exploratoire sur le bloc 9 a quant à lui été rendu difficile du fait du contexte géopolitique.
Il fait en effet partie, au même titre que les blocs 8 et 10, des trois zones le long de la frontière maritime avec Israël. Toutefois, après la définition et la délimitation de cette frontière à l’issue d’une médiation américaine, par l’accord du 27 octobre 2022 entre le Liban et Israël, le consortium a pu lancer en août 2023 l’exploration du bloc 9, à bord de la plateforme Transocean Barents, et a foré le puits « Qana ». Les résultats n’ont pas non plus révélé de découverte exploitable commercialement d’hydrocarbures.
Malgré ces échecs, le consortium mené par TotalEnergies, et où Novatek a été remplacé par QatarEnergy en 2023, a choisi de poursuivre l’exploration d’hydrocarbures.
Pour les blocs 8 et 10, il a déposé en octobre 2023 deux offres qui n’ont pas abouti du fait de conditions fixées par l’État jugées rigides et trop peu compétitives, au moment où le conflit affectait de surcroît la zone. En 2025, le consortium a réitéré son offre, cette fois pour le seul bloc 8, obtenant des conditions plus satisfaisantes dans les négociations.
L’accord d’attribution d’exploration et d’exploitation a finalement été ratifié par le conseil des ministres le 23 octobre 2025, et signé lors d’une cérémonie officielle le 9 janvier 2026.
L’accord s’étend sur cinq ans, avec obligation pour le consortium de réaliser, premièrement des études sismiques et géologiques tridimensionnelles au cours des trois premières années, et deuxièmement le forage exploratoire dans les deux années suivantes. Le bloc 8, de 1 200 km², est le seul bloc vierge de données géologiques, première étape de la prospection gazière, préalable au forage d’un puits, qui reste la seule méthode pour confirmer la présence d’un gisement viable.
Si les résultats s’avèrent positifs, le passage de l’exploration à l’exploitation n’est pas automatique.
Selon la loi libanaise, le consortium devra en effet, dans ce cas, proposer un plan de développement à l’État libanais et mandater via un appel d’offres une société tierce pour le développement et/ou la gestion technique ou financière de la production, partenaire du consortium. L’accord prévoit enfin que l’État libanais obtiendra entre 30 % et 40 % des revenus issus des hydrocarbures.
Source Ambassade de France au Liban





















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