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Agence Ecofin
Aujourd'hui Dernière mise à jour le Mardi 28 Avril 2026 à 09:59

Les relations entre la France et l’Algérie oscillent entre rapprochements diplomatiques et fortes tensions, héritées d’un passé colonial douloureux. Malgré des tentatives de dialogue, les questions de mémoire, de migration et de géopolitique continuent de fragiliser la coopération bilatérale.

L’Algérie s’apprête à franchir une nouvelle étape dans sa politique mémorielle avec l’adoption d’un projet de loi visant à ériger la colonisation française en crime. Le 12 avril, le Conseil de la nation, la chambre haute du Parlement, a entériné ce texte, qui qualifie la période de domination française entre 1830 et 1962 de crime.

Présentée comme un instrument de préservation de la mémoire nationale, cette initiative entend également rendre hommage aux sacrifices consentis durant la période coloniale. À l’issue du vote, le ministre des Moudjahidine et des Ayants droit, Abdelmalek Tacherift (photo), a qualifié cette loi de « réponse suprême du peuple algérien à travers ses représentants au colonisateur d’hier », dénonçant des crimes qui « horrifient la mémoire humaine et resteront une malédiction historique hantant les occupants », rapporte Algérie Presse Service.

Le processus législatif s’inscrit dans une dynamique engagée depuis mars 2025, lorsque le président de l’Assemblée populaire nationale (APN), Brahim Boughali, a annoncé la création d’une commission ad hoc chargée de préparer ce texte. Une commission paritaire, réunissant les deux chambres du Parlement, a ensuite affiné ses dispositions, en mettant l’accent sur la précision des termes, la cohérence juridique et l’harmonisation des articles.

L’objectif est de faire passer la reconnaissance des crimes coloniaux d’un registre moral à un cadre juridique et institutionnel clairement établi. La commission a encadré les responsabilités historiques et juridiques de manière à refléter la gravité des violations commises, tout en s’appuyant sur les principes de vérité, d’équité et de préservation des droits, conformément à la position officielle de l’État algérien sur le dossier mémoriel.

Cette loi intervient dans un contexte de relations toujours tendues entre Alger et Paris. Les différends portent notamment sur les questions migratoires, les contentieux historiques et certaines positions diplomatiques, dont le soutien de la France au Maroc sur le Sahara occidental. La mémoire coloniale reste un point de friction majeur. En septembre 2021, le président français Emmanuel Macron avait évoqué une « rente mémorielle » entretenue par le « système politico-militaire » algérien, provoquant une crise diplomatique ayant conduit au rappel de l’ambassadeur d’Algérie à Paris.

La présente initiative s’inscrit dans une dynamique plus large à l’échelle africaine. Elle fait écho à la reconnaissance par l’ONU de l’esclavage africain comme crime contre l’humanité d’une gravité extrême, adoptée en mars dans une démarche portée par le Ghana et soutenue par notamment l’Algérie.

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