Face à un positionnement toujours en retrait dans les classements mondiaux de l’innovation, l’Algérie mobilise ses compétences scientifiques nationales et celles de la diaspora pour en faire un levier structurant de sa politique de développement économique et social.
L’Algérie poursuit sa stratégie de valorisation du capital humain. Le dimanche 21 juin, le Conseil des ministres a approuvé la création d’un Haut Conseil regroupant les scientifiques et les chercheurs algériens. D’après l’Agence de presse algérienne (APS), cette décision traduit « l’engagement constant du président Tebboune en faveur de la promotion du capital humain national ». Elle reflète aussi « la valorisation de la place des compétences algériennes ».
Le communiqué précise que l’instance relèvera de la présidence de la République. Dotée d’une autonomie financière et administrative, elle opèrera dans un cadre consultatif. Scientifiques, chercheurs et experts du pays comme de la diaspora y seront associés. Cette dernière représente entre 3 et 4 millions d’Algériens répartis à travers le monde. En France seule, 649 991 ressortissants détenaient un titre de séjour valide fin 2024. Parmi eux, 27 700 étudiants étaient inscrits dans l’enseignement supérieur français, en hausse de 18 % sur cinq ans. Sur le plan médical, 15 000 médecins de formation algérienne exercent désormais en Europe.
La Fédération nationale de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique (FNESRS) a salué la mesure. Elle y voit une « étape charnière dans l’édification d’un système national intégré ». Ce système sera « fondé sur la science, l’innovation et l’excellence ». La FNESRS y décèle aussi « une réelle prise de conscience du rôle central des compétences algériennes ». Elle souligne leur apport dans « le façonnement de l’avenir et l’accompagnement des grands projets de l’État ».
Cette initiative intervient alors que le budget de la recherche scientifique a progressé de 120 % depuis 2020. Il atteint 18 milliards de dinars algériens (135 millions USD), contre 8 milliards quatre ans plus tôt, avec 20 milliards prévus en 2025. Selon l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI), l’Algérie se classe 115e sur 133 pays au Global Innovation Index 2024. Pourtant, le pays figure dans le top 20 mondial pour ses diplômés en sciences et ingénierie. Le nombre de brevets déposés a bondi, passant de 200 en 2020 à 1 376 en 2024. La loi de finances 2026 impose aux grandes entreprises un seuil de 1 % de dépenses en recherche.
























Réagissez à cet article