Screenshot
#Chine #Cooperation #Economie #Entreprises #Industrie #Transport #ALGERIE
Agence Ecofin
Aujourd'hui Dernière mise à jour le Mercredi 8 Juillet 2026 à 07:22

Ports, chemins de fer, matériel roulant… L'Algérie multiplie les partenariats avec des entreprises chinoises dans le transport. Une stratégie qui soutient les ambitions du pays dans les secteurs minier et industriel.

L’Algérie poursuit son rapprochement avec des groupes chinois pour développer les infrastructures et services qui doivent soutenir sa stratégie de diversification économique. Dernière illustration en date, la décision du président Abdelmadjid Tebboune de créer une société mixte algéro-chinoise chargée du nettoyage et de l’entretien des ports du pays.

Selon les autorités, la future structure interviendra sur l’ensemble des installations portuaires nationales. Sa mise en place est notamment liée à la montée en régime attendue du port d’Annaba, appelé à jouer un rôle central dans l’exportation du phosphate algérien, une fois achevée la ligne ferroviaire reliant le gisement de Bled El Hadba au littoral.

L’initiative s’inscrit dans une série de partenariats conclus ces dernières années entre Alger et des entreprises chinoises, dans le secteur des transports. En mai dernier, le Groupe des travaux maritimes (GTM) a signé un mémorandum d’entente avec la China Harbour Engineering Company (CHEC), en vue de créer une coentreprise dédiée au dragage des ports algériens. Le projet vise à rétablir les profondeurs réglementaires des bassins portuaires, des quais et des chenaux de navigation, afin d’améliorer les performances opérationnelles des infrastructures portuaires.

Dans le domaine ferroviaire, les autorités ont également associé des partenaires chinois au développement de la ligne Béchar – Tindouf – Gara Djebilet. Réalisé par un consortium regroupant l’Agence nationale d’études et de suivi de la réalisation des investissements ferroviaires (ANESRIF), Cosider et la China Railway Construction Corporation (CRCC), le projet doit assurer l’évacuation du minerai de fer du gisement de Gara Djebilet, l’un des plus importants au monde. Le premier tronçon de près de 950 kilomètres a été inauguré en février dernier.

Au-delà des infrastructures, la coopération s’étend également à l’industrie. Fin 2023, la Société algérienne de transport des produits énergétiques (STPE), la China Civil Engineering Construction Corporation (CCECC) et CRRC Yangtze ont annoncé leur intention de construire une usine de fabrication de wagons en Algérie. Le projet vise à renforcer les capacités locales de production de matériel roulant, tout en réduisant la dépendance aux importations.

Pris ensemble, ces projets dessinent une stratégie plus large. L’objectif n’est pas uniquement de construire de nouvelles infrastructures, mais aussi de développer les capacités nécessaires à leur exploitation et à leur maintenance. Les partenaires chinois apportent ainsi à la fois des compétences techniques, une expérience industrielle et des capacités d’exécution que les autorités algériennes cherchent à mobiliser pour accélérer la modernisation du secteur national des transports.

Ces partenariats s’inscrivent également dans une logique de transfert de savoir-faire. Qu’il s’agisse des opérations portuaires, du dragage, de la construction ferroviaire ou de la fabrication de matériel roulant, Alger semble vouloir tirer parti de l’expérience accumulée par Pékin afin de renforcer progressivement les compétences locales et d’améliorer l’autonomie technique des entreprises nationales.

Cette orientation apparaît d’autant plus stratégique que plusieurs grands projets miniers entrent progressivement dans leur phase opérationnelle. L’exploitation du fer de Gara Djebilet ou encore le développement de la filière phosphate nécessiteront des réseaux ferroviaires performants, des équipements adaptés et des ports capables d’absorber des volumes croissants d’exportations. Dans cette perspective, la création de coentreprises avec des partenaires étrangers est perçue comme un moyen de favoriser l’émergence d’un tissu industriel local capable de répondre à une partie des besoins futurs du pays dans les domaines du transport et de la logistique.

Reste à savoir dans quelle mesure ces collaborations permettront un transfert effectif de technologies et de compétences vers les acteurs algériens. Si cet objectif est atteint, il pourrait effectivement contribuer à l’émergence d’une base industrielle nationale plus solide, capable à terme de réduire la dépendance du pays à l’expertise étrangère dans les segments stratégiques.

Réagissez à cet article

Vos commentaires

Rejoignez la discussion

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *