#Commerce #Economie #Entreprises #France #EchangesMediterraneens
Denys Bédarride
Aujourd'hui Dernière mise à jour le Jeudi 9 Juillet 2026 à 11:27

Au regard des échanges commerciaux, la région du Proche et Moyen-Orient représente, en niveau absolu, un espace à l’importance modeste pour la France. Située à la jonction des routes commerciales entre l’Europe, l’Asie et l’Afrique, la zone exportait pour 4,4 Mds EUR de produits en 2025, en léger repli par rapport à 2024 (4,7 Mds EUR) et surtout 2022 (5,3 Mds EUR), plus haut niveau sur les dernières années. Les exportations françaises dans la région sont plus importantes, à 6,1 Mds EUR en 2025, en forte augmentation (+ 25 %) par rapport à 2024 et 2023 (4,9 Mds EUR).

Cette hausse exceptionnelle doit toutefois être nuancée : elle est largement due, en 2025, au commerce avec la Jordanie et à l’exportation de produits aéronautiques, à hauteur de 0,8 Md EUR. En tout, la balance commerciale française dans la région reste excédentaire sur les cinq dernières années, mais les pays de la région ne représentent au mieux qu’un pourcent des exportations françaises totales (604,8 Mds EUR en 2025).

Les échanges commerciaux sont concentrés sur deux partenaires principaux : l’Égypte et Israël.

La relation économique franco-égyptienne repose sur une forte complémentarité sectorielle. La France exporte principalement des biens à haute valeur ajoutée : produits aéronautiques, équipements industriels, matériel électrique, produits pharmaceutiques et technologies de transport. De son côté, l’Égypte exporte vers la France des engrais, des équipements électriques, des produits chimiques, des fruits et légumes ainsi que des produits textiles.

Les engrais représentent à eux seuls environ 300 M EUR d’exportations égyptiennes vers le marché français. Avec Israël, le partenariat est fondé sur l’innovation et les technologies de pointe. Les échanges concernent principalement des produits à haute valeur ajoutée, tandis que la France exporte vers Israël des biens industriels, des produits chimiques, des équipements de transport et des services. Toutefois, les tensions géopolitiques liées au conflit ont introduit de nouvelles incertitudes dans la relation économique bilatérale.

L’Irak, la Jordanie et le Liban sont des cas intermédiaires mais opposés.

L’Irak est marqué par un déficit commercial important mais en baisse. Les importations sont significatives, quasiment exclusivement du pétrole brut, pour 1,59 Md EUR en 2025, en baisse par rapport à 2024 (1,97 Md EUR). Les exportations françaises sont en revanche réduites, à environ 400 M EUR (produits chimiques ou agroalimentaires). Pour la Jordanie et le Liban, la relation est caractérisée par un excédent commercial important.

Si les exportations françaises sont en général entre 300 et 500 M EUR, les importations sont très réduites : 60 M EUR en 2025 pour la Jordanie (principalement des vêtements et textile), et environ 100 M EUR pour le Liban (machines et appareils, voire objets d’art).

Avec la Syrie et l’Iran, les relations sont plus réduites encore.

La Syrie reste marginalisée dans les échanges commerciaux français, du fait de l’effet des sanctions, même si elles ont été largement levées récemment, de la faiblesse de l’appareil productif syrien et des destructions liées au conflit. L’Iran présente un cas différent : relativement à son potentiel économique, à son marché intérieur de plus de 90 millions d’habitants et à ses besoins industriels, les exportations françaises (230 M EUR, notamment appareils et machines et produits pharmaceutiques) et les importations (fruits, lait, épices, pour 50 M EUR environ) demeurent limitées par les sanctions internationales.

Toutefois, en considérant les flux de manière relative, l’ordre d’importance des partenaires commerciaux de la France dans la région change.

Par habitant, le premier partenaire commercial pour la France selon les exportations est Israel, suivi du Liban ; loin derrière, la Jordanie (sauf en 2025 du fait de la livraison exceptionnelle d’aéronefs mentionnée) et l’Égypte apparaissent comme moins importants.

Si l’on considère le niveau de PIB, le premier partenaire est, sur les dix dernières années, et de manière claire, le Liban, suivi selon les années de l’Égypte ou de la Jordanie. Ces différents flux commerciaux, sur l’ensemble de l’année 2026, seront nécessairement touchés par l’impact de la guerre au Moyen-Orient, qui redessine les route et les corridors de la région.

Source Ambassade de France au Liban

Réagissez à cet article

Vos commentaires

Rejoignez la discussion

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *