L’Europe cherche à sécuriser son approvisionnement énergétique tout en accélérant sa transition verte. Dans cette optique, les interconnexions électriques transcontinentales avec les pays d’Afrique du Nord présentent un intérêt stratégique.
Le Maroc et le Portugal vont étudier la faisabilité d’une interconnexion électrique par câble sous-marin, pour créer un nouveau pont énergétique entre l’Europe et l’Afrique du Nord, a annoncé la ministre portugaise de l’Environnement et de l’énergie, Maria da Graça Carvalho, le 6 juillet. « L’une des questions à l’ordre du jour est la faisabilité d’une interconnexion électrique avec le Maroc, à l’instar de celle dont dispose déjà l’Espagne avec ce pays », a-t-elle déclaré lors d’une conférence de presse tenue à l’issue de la réunion ministérielle consacrée au programme d’interconnexions énergétiques pour le Sud-ouest de l’Europe.
Elle a également indiqué qu’elle recevrait « dans les prochains jours » la ministre marocaine de l’Énergie à Lisbonne, pour examiner la possibilité pour le Portugal de disposer d’une interconnexion électrique avec son pays. « Nous devons procéder ici à une analyse coûts-bénéfices, et c’est précisément ce que nous souhaitons faire, afin d’évaluer les avantages d’une interconnexion avec le Maroc », a-t-elle souligné.
Une régionale dynamique plus large
Le projet d’interconnexion électrique entre le Portugal et le Maroc avait déjà été évoqué par Lisbonne en 2016. L’idée était alors de mettre en place un câble sous-marin long de 220 km entre le nord-ouest du Maroc et le sud du Portugal, avec une capacité de 1 000 mégawatts. Dans une étude publiée en 2022, l’Association des gestionnaires des réseaux de transport d’électricité Méditerranéens (MED-TSO) a estimé le coût de ce projet à environ 650 millions d’euros (environ 742,3 millions USD).
Le projet s’inscrit dans une dynamique plus large de développement des interconnexions électriques entre les pays d’Afrique du Nord et l’Europe, soutenue par l’Union européenne, dans le cadre de sa stratégie de sécurisation et de décarbonation du système électrique. Des projets similaires sont déjà en cours dans la région, dont l’interconnexion ELMED entre la Tunisie et l’Italie, et le projet d’interconnexion électrique entre l’Égypte et la Grèce (GREGY). Ces projets traduisent une même logique : transformer l’Afrique du Nord en fournisseur d’électricité verte pour le Vieux continent.
Pour les pays d’Afrique du Nord, où l’accès à l’électricité est quasi-universel, cela offre une opportunité d’attirer des investissements massifs, de renforcer leurs réseaux électriques et d’engranger des recettes en devises grâce à l’exportation de l’électricité issue de sources renouvelables.
Réagissez à cet article