Libye : Covid-19, Chômage, lutte contre la contre bande, rentrée scolaire … quelles sont les dernières informations qui touchent le pays ?
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Denys Bédarride
mardi 15 septembre 2020 Dernière mise à jour le Mardi 15 Septembre 2020 à 17:37

Le ministère des Finances a publié les données budgétaires de l’État relatives aux 8 premiers mois de 2020. Le taux de chômage est estimé à 14%. Le Covid-19 continue de progresser fortement en Libye, dépassant la barre des 20 000 cas de contamination. Le Ministère de l’Education du GUN a annoncé le report de la rentrée scolaire, tandis que le gouvernement de l’Est a annoncé l’allègement du couvre-feu.

Selon les données du ministère des Finances du Gouvernement d’union nationale (GUN), les revenus de l’Etat s’élèveraient à 38,5 Mds LYD sur la période du 1er janvier au 31 août 2020, dont notamment : un prêt de la Banque centrale de Libye (BCL) de 17,8 Mds LYD (soit près de la moitié des revenus totaux) accordé au GUN, 13,5 Mds LYD de revenus de la taxe sur les ventes de devises (soit 35% des revenus totaux) ; et 5,2 Mds LYD de revenus pétroliers (soit 13% des revenus). 

Sur la même période, les dépenses de l’Etat s’élèveraient à 23,2 Mds LYD, dont 14,4 Mds LYD alloués au paiement des salaires (soit 62% des dépenses totales). Par ailleurs, selon un rapport du ministère du Travail et de la réadaptation du GUN, le taux de chômage dans le pays est estimé à 14%, et 86% de la main-d’œuvre travaillerait dans le secteur public.

Le ministère de l’Intérieur du Gouvernement d’union nationale (GUN) a décidé de créer un bureau d’enquêtes criminelles pour lutter contre la contrebande de carburant ; les pertes dues à la fermeture des installations pétrolières ont atteint près de 9,7 Mds USD ; les coupures de courant à l’Est devraient s’accentuer en raison de pénuries de carburants.

Le 9 septembre 2020, le ministère de l’Intérieur du GUN a décidé de créer un bureau d’enquêtes criminelles pour lutter contre la contrebande de carburant, notamment à travers un suivi du circuit de distribution de carburant de la source au consommateur. 

La contrebande de pétrole en Libye est un phénomène d’ampleur. Lors du sommet Oil&Fuel Theft organisé les 18 et 19 avril 2018, le Président de la NOC de Tripoli a évalué à 750 M USD par an la perte financière pour la Libye liée à la contrebande de pétrole. 

De plus, selon le Bureau d’audit libyen, en 2017, 30% du carburant subventionné aurait fait l’objet de contrebande.

Par ailleurs, la Compagnie nationale pétrolière (National Oil Corporation – NOC) a annoncé que les pertes financières causées par la fermeture des installations pétrolières depuis janvier 2020 (soit 238 jours de blocus pétrolier) ont atteint près de 9,7 Mds USD au 9 septembre 2020. De plus, l’Arabian Gulf Oil Company (située à l’Est) et la Zawiya Oil Refining Company (plus grande raffinerie du pays, à l’Ouest de Tripoli), deux filiales parmi les plus importantes de la NOC, ont suspendu leurs activités depuis le 8 septembre pour, respectivement, 30 et 10 jours. 

La suspension d’activité vise dans les deux cas à protéger les employés des sites d’une possible contamination au Covid-19, dont les cas ont fortement augmenté en Libye depuis le mois d’août.

Enfin, la crise de l’électricité, principal catalyseur des manifestations, continue de sévir en Libye. La Compagnie générale d’électricité de Libye (GECOL) a annoncé le 10 septembre 2020 une augmentation des coupures de courant à l’Est. Elle serait causée par des pénuries de carburant diesel dans la centrale de Sarir, dont l’approvisionnement dépend de la Brega Oil Marketing Company.

Des mandats d’arrêt ont été émis contre de hauts cadres de la Libyan Foreign Bank, filiale de la Banque centrale de Libye (BCL), et du vice-ministre de la Santé, pour corruption.

Le bureau du procureur général a émis le 8 septembre 2020 un mandat d’arrêt à l’encontre du directeur de la Libyan Foreign Bank (filiale de la BCL) Mohammed Bin Yusuf, ainsi que du directeur du département des investissements Al-Sharaf Shalabi, gendre du chef du Conseil présidentiel (CP) Fayez Al-Sarraj, suite à une plainte du gouverneur de la BCL, Seddik Al-Kabir concernant un procès lié à des violations et des pertes de l’ordre de 800 M USD. 

De plus, le bureau du procureur militaire a émis un mandat d’arrêt à l’encontre du vice-ministre de la Santé du GUN, Mohamed Haitham, pour corruption. 

Pour rappel, suite aux manifestations ayant eu lieu à Tripoli et Misrata les 23 et 24 août 2020 pour protester contre la corruption dans l’État et les mauvaises conditions de vie, Fayez Al-Sarraj avait appelé le système judiciaire libyen à enquêter sur les fonctionnaires accusés de corruption. Par la suite, il a également émis un décret afin de former un comité chargé d’examiner tout l’argent dépensé par le ministère de la Santé en 2019 et 2020.

Le Covid-19 continue de progresser fortement en Libye, dépassant la barre des 20 000 cas de contamination ; le Ministère de l’Education du GUN a annoncé le report de la rentrée scolaire, tandis que le gouvernement de l’Est a annoncé l’allègement du couvre-feu.

Alors que 20 939 cas de contamination au Covid-19 et 339 décès ont été confirmés par le Centre national de lutte contre les maladies en Libye au 11 septembre 2020 (majoritairement dans l’Ouest libyen, la ville de Tripoli concentrant à elle seule près de la moitié des cas du pays), le ministère de l’Education du GUN a annoncé le 9 septembre 2020 le report de la rentrée scolaire prévue le 12 septembre, afin de « réévaluer la situation épidémiologique ». 

Le ministère a déclaré qu’il examinerait le budget alloué pour répondre aux besoins des écoles privées en termes de lutte contre la pandémie de coronavirus, afin d’assurer la sécurité des élèves. A l’inverse, le Gouvernement de l’Est a décidé le 7 septembre 2020 de réduire le couvre-feu, de 21h jusqu’à 7h. 

Source Ambassade de France en Tunisie 

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