Le Maroc a achevé 2021 sur des réserves de change équivalant à 331,2 milliards de dirhams, le niveau le plus élevé des réserves de change depuis 2015
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Agence Ecofin
mercredi 13 juillet 2022 Dernière mise à jour le Mercredi 13 Juillet 2022 à 07:30

Au Maroc comme dans bien de pays, les prix sont en hausse au sein de l’économie. Pourtant, la Banque centrale du royaume choisit pour le moment de maintenir ses taux directeurs à un niveau bas. Une option qui semble se justifier, à l’analyse des paramètres de l’économie globale.

Dans un monde marqué par la hausse généralisée des prix au sein des économies et des prévisions de croissance plus faibles, Bank al-Maghrib (BAM), l’institution qui fait office de banque centrale au Maroc, a maintenu inchangé son principal taux directeur à 1,5%, à l’occasion de son comité de politique monétaire pour la période de trois mois qui s’est achevée en juin dernier.

La pression est pourtant forte sur le dirham, la monnaie locale. Les prévisions macroéconomiques annoncent une croissance économique globale de 1% en 2022. C’est plus de 7 fois inférieur à celle enregistrée en 2021. Même si on combine avec des prévisions de 4,8% en 2023, l’économie marocaine ne devrait pas générer en deux ans autant de valeur ajoutée que sur la seule année 2021, lorsque son produit intérieur brut (PIB) a progressé de 7,9%.

Alors que l’économie marocaine génère moins de valeur ajoutée, des ménages et entreprises doivent faire face à une hausse record des prix. Elle est annoncée à +5,2% en 2022, et les niveaux de prix resteront à des niveaux élevés jusqu’à la fin 2023, selon les analystes de BAM. Ainsi, il risque d’y avoir moins de création de richesses pour les agents économiques, mais plus de charges pour eux. 

Dans la logique économique, historiquement, les banques centrales relèvent les taux directeurs pour contenir les évolutions à la hausse de l’inflation. La Banque centrale marocaine ne semble pas encore vouloir opter pour une telle mesure. Certains indicateurs permettent de comprendre cette décision. Le déficit budgétaire, c’est-à-dire les ressources financières dont aura besoin le gouvernement pour compléter son budget, est annoncé à 6,8% du PIB. 

Dans ce contexte, une hausse des taux pourrait pénaliser la capacité du gouvernement à emprunter et mener à bien ses objectifs de politique budgétaire. Aussi, un point macroéconomique positif pour le royaume est celui d’avoir stabilisé la consommation et les exportations. Bien que le pays ait un solde négatif des paiements extérieurs (différence entre les paiements effectués et ceux reçus par les agents économiques d’un pays), ses réserves de change ont progressé, soutenu par le rebond de la valeur des exportations.

Enfin, le gros de l’inflation est alimentaire. Historiquement, le Maroc possède une solide chaîne de production alimentaire. Mais il doit faire face à une situation conjoncturelle de sécheresse. 

Les effets macroéconomiques à long terme de ce problème climatique ne seront mieux maîtrisés qu’avec le temps. En attendant, cette stabilité de la politique monétaire de la BAM profite aux banques commerciales qui peuvent continuer de jouir de ressources courtes, et maintenir un rythme normal sur le marché du crédit.

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