Avec un objectif de 2 millions de barils/jour d’ici 2028, le pays pourrait rebattre les cartes du leadership énergétique africain.
Le 24 août, la Compagnie publique libyenne de pétrole (NOC) a annoncé qu’elle s’apprête à organiser le premier Forum énergétique USA–Libye. L’événement, dont la date reste à préciser, vise à élargir les investissements américains dans le secteur pétrolier et gazier libyen, afin d’accélérer la production.
Ces derniers mois, Tripoli a multiplié les initiatives pour intéresser les entreprises américaines. Après l’annonce d’un protocole d’accord avec ExxonMobil et l’ouverture de 22 nouveaux blocs pétroliers et gaziers, une première en 17 ans, le gouvernement libyen a proposé à Washington un partenariat stratégique de 70 milliards de dollars, incluant l’énergie, les mines et les infrastructures.
Ces mesures visent à court terme à sécuriser des financements et l’expertise nécessaires pour atteindre 2 millions b/j d’ici 2028. La production libyenne a atteint 1,38 million b/j en août, confirmant une tendance ascendante.
Bataille en vue pour le leadership africain de l’or noir

Si cette accélération des efforts dans le pays traduit la volonté de consolider la place de la Libye sur le marché pétrolier africain, il ne faut pas perdre de vue que l’écart avec le Nigeria se réduit fortement.
Alors que la production nigériane oscille autour de 1,5 million b/j, Abuja cherche à faire relever son quota OPEP à 2 millions b/j d’ici 2027. Mais la persistance des problèmes structurels tels que les sabotages de pipelines, les retards de maintenance et le sous-investissement alimente même les doutes de la Banque centrale nigériane sur la faisabilité de cet objectif.
La Libye, malgré son instabilité politique, démontre pour sa part une maîtrise opérationnelle croissante et un engagement affiché pour plus de transparence. Si Tripoli parvient à maintenir la stabilité de ses installations et à concrétiser les engagements américains et européens, elle pourrait franchir plus rapidement le cap des 2 millions b/j. À l’inverse, un retour des tensions armées ou un blocage institutionnel relancerait la fragilité structurelle.
Pour le Nigeria, le prochain test sera la réunion ministérielle de l’OPEP en novembre, qui dira si Abuja peut transformer sa reprise technique en relèvement officiel de quota. La compétition reste ouverte, mais pour la première fois depuis plus d’une décennie, la Libye paraît en position de rattraper, voire de devancer, son rival ouest-africain.
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