Comme beaucoup d’autres pays africains, la Tunisie continue d’investir dans la numérisation de son administration publique. Les autorités s’attaquent au segment clé de la protection civile.
La Tunisie va bénéficier d’un prêt de 150 millions de dinars (environ 51 millions USD) de l’Agence française de développement (AFD) pour moderniser son dispositif de protection civile. Le projet présenté lors d’une émission radio par le commandant Khalil Mchari, chef du service des statistiques et du soutien opérationnel à l’Office national de la protection civile, repose sur quatre axes.
D’abord, la numérisation du numéro d’urgence 198 avec la création de 24 salles d’opérations équipées d’outils d’intelligence artificielle pour localiser rapidement les incidents et optimiser les itinéraires d’intervention. Ensuite, l’acquisition de nouveaux moyens matériels dont des robots pour manipuler des substances toxique et/ou radioactives, ou encore des drones pour renforcer les opérations sur le terrain.

Une seconde unité spécialisée sera aussi implantée à El Jem dans le gouvernorat de Mahdia, afin d’améliorer la couverture du Sud du pays. Elle sera appuyée par des équipes légères de recherche et sauvetage, composées chacune de 20 experts et réparties stratégiquement sur le territoire. Enfin, une école de formation conforme aux standards internationaux sera implantée à Zriba pour compléter l’infrastructure existante à Djebel Jelloud, afin de former les futurs intervenants en recherche, en sauvetage et en plongée.
Des comités de pilotage central et technique ont été constitués pour assurer un suivi rapproché de ce projet qui vise à renforcer l’efficacité opérationnelle du système tunisien de protection civile et le rendre conforme aux standards internationaux. Sa mise en œuvre devrait s’étaler sur plusieurs années, avec un impact attendu sur la sécurité des populations et la résilience du pays face aux catastrophes naturelles, accidents industriels et autres situations d’urgence.
Le projet entre par ailleurs dans le cadre de la stratégie nationale de transformation numérique, dont le ministre des Technologies de la Communication Sofiene Hemissi, a énoncé les piliers en novembre 2024. Parmi eux, la numérisation des services publics et administratifs.
Un segment dont la Tunisie fait partie des champions en Afrique selon le département des affaire sociales des Nations unies (UN DESA). Le pays affichait en 2024 un score de 0,6935 sur 1 à l’indice mondial de l’administration en ligne (EGDI), au-dessus de la moyenne continentale qui s’était établie à 0,4247 et de la moyenne mondiale de 0,6382.
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