Face au stress hydrique, le Maroc cherche à sécuriser son approvisionnement en eau et à consolider sa souveraineté industrielle. D’ici 2030, le Royaume prévoit de construire 13 nouvelles usines de dessalement pour compléter les 17 déjà existantes.
Le gouvernement marocain a signé, mercredi 29 avril à Rabat, un accord-cadre de partenariat visant à structurer une filière industrielle du dessalement de l’eau de mer, dans le cadre des orientations stratégiques du roi Mohammed VI en faveur de la sécurité hydrique nationale.
Cette initiative vise à structurer une industrie marocaine compétitive autour du dessalement, en soutenant les projets industriels et technologiques, en renforçant l’intégration locale, en promouvant le label « Made in Morocco » et en encourageant l’innovation, la recherche appliquée, le transfert de technologies ainsi que la montée en compétences de la main-d’œuvre nationale.
Actuellement estimé entre 30 % et 35 %, le taux d’intégration locale de cette industrie devrait atteindre 70 % grâce à un plan d’action coordonné avec l’ensemble des partenaires publics et privés. Rabat entend ainsi bâtir une filière capable de répondre à la demande intérieure, publique comme privée, tout en développant une capacité d’exportation régionale et internationale.
Le dessalement, réponse stratégique à la sécheresse structurelle
Cette stratégie s’inscrit dans un contexte de pression croissante sur les ressources hydriques du Royaume. Confronté depuis plusieurs années à une baisse persistante des précipitations, le Maroc voit ses réserves en eau douce fragilisées, tandis que les besoins augmentent sous l’effet de la croissance démographique, de l’urbanisation et des exigences du secteur agricole.
Dans ce contexte, le dessalement de l’eau de mer s’impose comme un pilier central de la politique nationale d’adaptation climatique et de gestion durable de l’eau. En juin 2025, le Royaume comptait déjà 17 projets de dessalement, dont 13 opérationnels et 4 en cours de réalisation, pour une capacité annuelle totale de 320 millions de mètres cubes, contre 40 millions de m³ en 2021.
Le Maroc prévoit la construction de 13 nouvelles usines d’ici 2030, qui viendront compléter les infrastructures existantes afin de porter la capacité totale nationale à 1,7 milliard de mètres cubes par an.





















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