Le Premier Ministre irakien a publiquement annoncé le 11 juillet au soir la conclusion d’un accord entre Bagdad et Téhéran pour échanger du gaz importé d’Iran contre du pétrole brut irakien pour assurer les livraisons de gaz iranien à l’Irak.
L’Iran – qui fournit en moyenne plus d’un tiers de l’électricité de l’Irak – avait décidé début juillet de réduire de moitié son gaz exporté vers l’Irak à destination des centrales électriques (-5 000 MW) et de mettre à l’arrêt les trois lignes d’interconnexion électrique (-1000 MW).
Cela a fait chuter la production d’électricité en Irak, laquelle est passée de 26 000 MW à 20 600 MW en quelques jours, aggravant une pénurie déjà existante avec une demande évaluée à 34 000 MW. Pour justifier sa décision, Téhéran avait argué d’une accumulation d’impayés de Bagdad. Alors que l’Iran est sous sanctions secondaires américaines depuis 2018, l’Irak bénéficie d’exemptions renouvelées des Etats-Unis à intervalles irréguliers pour autoriser les règlements de ses factures de gaz à l’Iran via un compte hébergé à la Trade Banq of Iraq (TBI), dont les montants sont dédiés à l’importation par l’Iran de produits agro-alimentaires et pharmaceutiques.
Les retards de paiement irakiens en raison de ces lourdeurs administratives poussent fréquemment Téhéran à stopper ses approvisionnements. Si le ministère de l’Électricité avait reconfirmé le 10 juillet avoir bien versé l’intégralité des montants dus sur le compte à la TBI, certaines complications dues à « l’absence d’approbation des États-Unis pour le transfert de fonds vers l’Iran », d’après le Premier Ministre al-Soudani, retarderaient les paiements.
Alors que les températures devraient dépasser les 50°C dans le sud de l’Irak la semaine prochaine, cet accord permettrait dès lors à Bagdad une certaine continuité du paiement de ses besoins d’importation évitant ainsi les coupures fréquentes de Téhéran. Lors de son allocution publique, le Premier Ministre a par ailleurs souligné que les projets gaziers nationaux lancés, notamment le cinquième cycle d’octroi de licences (brèves du 30/06) et le mégaprojet de TotalEnergies (cf. Zoom du jour) assureront à moyen-terme l’autonomie de l’Irak en matière de gaz.
Nouvel acteur chinois dans le secteur de la construction
La société irakienne Samawa Industries a annoncé avoir conclu un accord avec la société chinoise Sinoma pour la construction d’une cimenterie dans le gouvernorat de Muthanna, dans le sud de l’Irak. Le montant du contrat conclu entre Samawa et Sinoma s’élève à 200 M$.
L’usine, qui sera opérationnelle dès 2025, est d ‘une capacité annuelle de 2 millions de tonnes. Ce projet est le premier en Irak de la société chinoise, qui a déjà plusieurs références en Arabie Saoudite, en Égypte, aux Émirats Arabes Unis et en Amérique du Sud.
La cimenterie de Muthanna sera l’une des plus grandes installations du pays en termes de capacité de production – derrière celles de Lafarge d’une capacité de 2,2 millions de tonne (Kerbala) et de 2,4 millions de tonnes (Bazian).
Source Ambassade de France en Irak
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