Attendue pour réduire les pressions actuelles sur la chaine d’approvisionnement globale, la reprise du trafic via le Canal de Suez ne semble pas pour tout de suite, malgré le cessez-le-feu entre Israël et le Hamas. Pour certains analystes, d’autres développement sont encore nécessaires.
L’accord de cessez-le-feu à Gaza signé entre Israël et le Hamas et entré vigueur le dimanche 19 janvier nourrit aussi l’espoir d’une désescalade des tensions perturbant la navigation maritime dans le golfe d’Aden depuis novembre 2023.
Cependant, les détails de l’accord montrent plutôt une concentration des négociations sur d’autres intérêts pour les parties (échanges d’otages contre prisonniers, retrait des forces de défense israéliennes des zones peuplées, aides humanitaires, etc.), tandis que le rétablissement de la navigation reste conditionné.
Le fragile espoir d’une désescalade en Mer Rouge
Le processus de paix est planifié en plusieurs étapes, les négociations pour les phases 2 et 3 étant prévues à partir du 16e jour de mise en œuvre de l’accord. Le doute plane toujours quant au dégel des tensions en Mer Rouge. Abdul-Malik al-Houthi, le chef des rebelles yéménites Houthis qui y attaquent les navires liés à Israël, déclarait le jeudi 16 janvier lors d’un discours télévisé que son mouvement suivrait de près le respect de l’accord par Tel Aviv.
« Nous suivrons les étapes de la mise en œuvre de l’accord. S’il y a la moindre violation israélienne, massacre ou siège, nous serons immédiatement prêts à fournir un soutien militaire au peuple palestinien » avait-t-il déclaré.
Selon Reuters qui cite un responsable de compagnie de sécurité maritime, certains armateurs se préparent à reprendre les voyages en Mer Rouge notamment via le canal de Suez.
Mais il est encore trop tôt pour conclure à une reprise du trafic, étant donné que la zone est toujours sur la liste noire des compagnies d’assurance maritime. Même si les attaques cessaient, le feu vert devrait être donné par les assureurs, selon plusieurs observateurs.
Des impacts sur le commerce maritime et certains ports africains
Depuis novembre 2024, au moins 4 marins ont été tués dans des attaques ayant ciblé plus de 100 navires, selon les chiffres officiels. 2 bâtiments ont été coulés alors qu’un autre a été saisi. L’insécurité dans le Golfe d’Aden contraint les navires desservant l’Afrique à opérer de grands détours via le Cap de Bonne Espérance, avec des effets d’entrainement sur le taux de fret maritime (le coût du transport), et donc des coûts des produits.
L’Egypte, un des plus gros perdants dans cette crise, a déclaré en décembre 2024 une diminution de plus de 7 milliards USD des revenus du canal. Mais ces impacts sont positifs pour d’autres acteurs de l’industrie maritime.
Sur la rangée du Cap de Bonne Espérance, le trafic a augmenté de plus de 100% à fin mars 2024, selon un rapport de la Banque mondiale, alors que plusieurs ports longeant cette route du Sud de l’Afrique ont conséquemment enregistré plus de volume.
C’est le cas des ports de Doraleh à Djibouti, ou encire de Mombasa au Kenya. Ce dernier a notamment déclaré pour son bilan d’activité au titre de 2024, avoir manutentionné pour la première fois plus 2 millions d’EVP, contre 1,6 millions en 2023.
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