Sur des terres arides couvrant seulement 3,7% de sa population active, Israël génère un secteur agricole valant 13,09 milliards USD en 2025, en croissance de 3,8% par an vers 15,77 milliards en 2030, avec 90% de ses cultures irriguées au goutte-à-goutte. Ce modèle pionnier, qui pèse 2,5% du PIB mais 3,6% des exportations, illustre la résilience d'une agriculture d'élite face aux défis sécuritaires et climatiques.
Le miracle technologique dans le désert
L’agriculture israélienne transforme le Néguev et l’Arava en greniers futuristes. Les fruits et légumes dominent à 47,5% du marché, portés par des serres intelligentes et des biotechnologies qui multiplient les rendements par 16 depuis 1948 sur 435 000 hectares cultivés. Le PIB agricole s’établit à 4,937 millions ILS au T1 2025 (-11% vs fin 2024), avec une prévision de 5,713 millions fin 2025 et 5,963 millions en 2026 malgré les tensions.
Les agrumes brillent avec 211 000 tonnes annuelles, surtout des clémentines sur 16 500 hectares, tandis que les avocats explosent de 10 000 à 100 000 tonnes en 20 ans. Les dattes Medjool du Néguev, premium pour l’Europe, atteignent 40 000 tonnes sur 5 000 hectares, et les tomates cerises bio couvrent 70 000 dounams (13% des exportations) à 50 tonnes par hectare.
Déclin des céréales et dépendances
Le blé patine à 90 000 tonnes prévues en 2025-26 (-17% vs moyenne quinquennale), forçant Israël à importer du bassin de la Mer Noire. Les oléagineux comme le tournesol progressent toutefois de 33% à 4 000 tonnes, boostés par l’analyse prédictive des ravageurs. Cette pivot vers les cultures commerciales à haute marge (+4,3% TCAC) reflète un secteur orienté export, malgré une dépendance alimentaire persistante.
Défis sécuritaires et climatiques
En 2025, le PIB agricole chute de 11% au T1 sous l’effet des conflits, tandis que les kibboutz innovants absorbent les chocs grâce à une irrigation de précision couvrant 90% des surfaces. Le gouvernement injecte 10 millions ILS pour relancer les terres en friche et attirer de nouveaux agriculteurs. L’OCDE note une croissance prévue à 2,4% en 2025 et 4,6% en 2026, portée par la tech hydrique comme Netafim (500 M USD de dette levée).
Enjeux méditerranéens : inspiration pour la France
Pour la Provence-Alpes-Côte d’Azur, Israël incarne le modèle anti-sécheresse. Ses techniques d’irrigation goutte-à-goutte et d’agriculture régénérative du désert pourraient doper les vergers locaux, alors que les prix des avocats et dattes méditerranéens grimpent sous l’influence des exports israéliens. La Côte d’Azur, confrontée à la pénurie d’eau, pourrait importer ces savoirs pour sécuriser ses filières fruits premium.
Ce secteur, passé de 23 500 à 17 000 agriculteurs tout en boostant la production de 26% avec 12% d’eau en moins, prouve que l’innovation l’emporte sur l’aridité – à condition que la paix suive.





















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