Firefly Photo réelle pêches marines et l’exploitation responsable des ressources halieutiqu 959347
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Agence Ecofin
Aujourd'hui Dernière mise à jour le Lundi 23 Mars 2026 à 11:50

Au Maroc, le secteur de la pêche est le plus développé en Afrique. Face à la persistance des défis liés à la surpêche ou aux pratiques de pêche illégale, la gestion durable des ressources halieutiques s’impose de plus en plus comme une priorité stratégique pour les pouvoirs publics.

Le Maroc a officiellement rejoint le projet international Global Marine Commodities 2 (GMC2) le 10 mars dernier. L’annonce a été faite dans un communiqué publié sur le site du Secrétariat d’État chargé de la Pêche maritime.

Ce programme quinquennal, mené par le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) et financé par le Fonds mondial pour l’Environnement, est déjà mis en œuvre dans cinq autres pays à savoir la Mauritanie, le Sénégal, l’Équateur, le Guatemala et le Panama, avec pour objectif de promouvoir la durabilité des pêches marines et l’exploitation responsable des ressources halieutiques.

« Le projet GMC2 met à profit l’expertise technique du Partenariat pour la pêche durable (SFP), spécialisé dans la promotion de pratiques de pêche durables et le développement des chaînes d’approvisionnement marines. En particulier, il vise à intégrer les exigences en matière de durabilité environnementale et de responsabilité sociale dans les chaînes d’approvisionnement marines, tout en renforçant la gouvernance des pêches marines et en augmentant la valeur des produits issus de pratiques de pêche durables », peut-on lire dans le communiqué.

Au Maroc, le projet cible les pêcheries pélagiques à petite échelle, en particulier les sardines et les anchois. Selon les autorités, les interventions porteront sur le renforcement de la durabilité de ces pêcheries et la promotion de la consommation de produits issus de chaînes responsables. Il est également prévu d’améliorer la disponibilité et la transparence des informations scientifiques et techniques sur l’état des stocks de poissons, ainsi que le renforcement de la coopération régionale en matière de recherche et de gestion des stocks communs.

L’enjeu est d’autant plus stratégique que les pressions existantes sur la pêche affectent de plus en plus la disponibilité des ressources halieutiques. En juin 2025, l’Union nationale des industries de la conserve de poisson (UNICOP) tirait la sonnette d’alarme sur la raréfaction des ressources halieutiques, notamment la sardine qui représente 85 % des petits pélagiques marocains. Citant des données de l’Office national des pêches (ONP), l’organisation relevait une chute de 46 % des débarquements de sardines en deux ans, passés de 965 000 tonnes en 2022 à 525 000 tonnes en 2024. Parmi les principales raisons évoquées figuraient la capture des juvéniles, l’inefficacité de la lutte contre la pêche illicite et des périodes de repos biologique jugées inadaptées.

Une multiplication des partenariats internationaux

L’intégration au projet GMC2 s’inscrit dans une série d’initiatives auxquelles le royaume chérifien participe déjà pour renforcer la gestion durable des ressources halieutiques. Déjà en février 2025, la Confédération marocaine des armateurs industriels de la pêche pélagique (COMAIP) avait signé un protocole d’accord visant à harmoniser les pratiques de pêche durable en Afrique avec la Conférence ministérielle sur la coopération halieutique entre les États africains riverains de l’océan atlantique (COMHAFAT), qui regroupe 21 autres États africains.

Un peu plus tôt, en 2023, le pays d’Afrique du Nord avait mis à disposition son expertise scientifique pour conduire l’évaluation des stocks halieutiques au Bénin, au Libéria et en Côte d’Ivoire, en vue de l’élaboration de stratégies de conservation et de gestion durable des ressources halieutiques dans ces pays, dans le cadre de précédents protocoles d’accord signés en marge de la Conférence de haut niveau de l’Initiative de la Ceinture bleue.

Ces différentes initiatives illustrent l’importance croissante accordée à la gestion durable des ressources halieutiques, dans un contexte où la pression sur les stocks de poissons pousse les pays côtiers africains à renforcer les mécanismes de gouvernance du secteur.

D’après les données compilées par la FAO, les captures de poissons issues de la pêche au Maroc ont atteint 1,39 million de tonnes en 2023, ce qui représente 13,2 % de l’offre africaine totale, estimée à 10,5 millions de tonnes la même année.

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