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#Mobilite #Train #TransportFerroviaire #ALGERIE
Denys Bédarride
Aujourd'hui Dernière mise à jour le Lundi 3 Août 2026 à 07:16

Longtemps concentrée sur son littoral, l'Algérie oriente maintenant l'expansion de réseau ferroviaire vers les régions sahariennes. En appuyant ce mouvement, la BAD soutient une stratégie visant à faire du rail un levier d'intégration économique et territoriale.

L’Algérie amorce une nouvelle étape dans sa stratégie de désenclavement des zones intérieures, avec la mobilisation d’une partie du financement pour la ligne ferroviaire Laghouat – Ghardaïa – El Meniaa (495 km). Le pays vient d’obtenir un prêt de 878,09 millions USD de la Banque africaine de développement (BAD) pour le second tronçon de cette infrastructure destinée à renforcer la connectivité des régions sahariennes et à soutenir leur développement économique.

Le financement servira concrètement à construire le tronçon Ghardaïa – El Meniaa (230 km). Il couvre également des infrastructures connexes, ainsi que des actions de renforcement des capacités institutionnelles. En avril dernier, les autorités algériennes avaient lancé deux appels d’offres portant sur les travaux de génie civil, l’acquisition du matériel roulant et plusieurs prestations techniques.

D’après les détails techniques, le projet couvre deux tronçons. Le premier, entre Laghouat et Ghardaïa (265 km), prévoit la construction de 5 gares, 21 viaducs, un tunnel et 55 ouvrages hydrauliques. Le second, entre Ghardaïa et El Meniaa, intégrera 3 gares, 6 viaducs et 35 ouvrages hydrauliques. À terme, les trains de voyageurs pourront circuler à 220 km/h, contre 160 km/h pour les convois de fret.

Au-delà de la construction d’une nouvelle infrastructure, ce projet répond à une volonté d’intégrer davantage les provinces du Sud aux principaux circuits économiques du pays. La ligne reliera les bassins agricoles et miniers aux marchés algériens, tout en renforçant le corridor ferroviaire transsaharien entre Alger et Tamanrasset. De quoi contribuer à réduire les coûts et les délais de transport, tout en favorisant le développement de l’agro-industrie, de la logistique, du BTP et de l’exploitation minière.

L’opération s’inscrit dans un vaste programme national d’investissement de 18 milliards USD, avec lequel l’Algérie ambitionne de faire passer son réseau ferroviaire de 4 722 km en 2023 à 15 000 km d’ici 2030. Au-delà de l’extension du réseau, cette stratégie traduit la volonté des autorités de réduire les disparités territoriales, en faisant du rail un outil de développement des régions longtemps restées en marge des grands investissements.

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