La Tunisie relance un projet ferroviaire à vocation régionale. Les appels d'offres sont émis, mais l’ambition d’interconnecter les réseaux du Maghreb se heurte encore à des contraintes financières et infrastructurelles.
En Tunisie, le projet de ligne ferroviaire à grande vitesse Nord-Sud aborde une nouvelle étape, avec le lancement le 17 août d’un appel à candidatures pour sélectionner des bureaux d’études chargés d’en réaliser les études de faisabilité et d’ingénierie. L’appel, lancé par la Société nationale des chemins de fer tunisiens (SNCFT), concerne la première phase de ce corridor qui prévoit, à terme, des prolongements vers l’Algérie et la Libye.
Selon des détails techniques rapportés par la presse locale, cette première phase s’étendra de Bizerte à Ben Guerdane, desservant notamment les principaux pôles urbains, centres de fret, ports et zones logistiques du tracé. Le projet répond à une vieille ambition de créer une continuité ferroviaire entre les trois pays. A terme, cette interconnexion doit faciliter les déplacements transfrontaliers et faciliter le transport terrestre de marchandises, notamment les produits agricoles.
Il existe parallèlement une feuille de route ferroviaire tunisienne qui prévoit environ 36 milliards de dinars (environ 12,3 milliards USD) d’investissements à l’horizon 2040. Ces ressources doivent permettre de moderniser un réseau d’environ 2 000 km, d’accroître sa capacité, d’améliorer la qualité des services, et de renforcer le rôle du rail dans l’aménagement du territoire.
Le lancement des études ne garantit toutefois pas encore la concrétisation du corridor. Des initiatives similaires avaient déjà été annoncées à plusieurs reprises en Tunisie et en Algérie pour engager les premières étapes du projet, sans déboucher sur sa réalisation.
Au-delà du financement, qui constitue l’un des principaux défis, la situation du réseau libyen représente une autre contrainte majeure. Le trafic ferroviaire y est quasiment inexistant depuis l’arrêt des projets lancés avant 2011, ce qui complique la perspective d’une continuité effective du corridor jusqu’à la frontière libyenne.
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