L’Egypte maintient sa place de premier exportateur mondial d’oranges devant l’Espagne
#Agriculture #Exportation #MAROC
Denys Bédarride
mercredi 23 décembre 2020 Dernière mise à jour le Mercredi 23 Décembre 2020 à 17:06

Alors que la demande en agrumes connaît un regain d’intérêt avec le coronavirus, de nombreuses possibilités s’offrent aux producteurs africains. Parmi ceux-ci, le Maroc qui représente le troisième acteur de poids sur le continent. Si le Royaume chérifien possède déjà un certain ancrage à l’export, la compétition reste encore rude.  

Sur le marché des agrumes, le pays doit d’abord faire face à une âpre concurrence qui vient non seulement de l’Afrique du Sud mais aussi de l’Egypte en ce qui concerne les oranges. Avec une production d’environ 800 000 tonnes d’oranges en 2019, le Maroc a expédié 14 % de sa récolte, soit environ 110 000 tonnes du fruit d’après les données du l’USDA.

Comparativement, l’Afrique du Sud et l’Egypte écoulent respectivement 75 % et 40 % de leurs récoltes. Cette faiblesse des volumes limite considérablement les marges de manœuvre pour l’industrie marocaine même sur les débouchés stratégiques comme l’Union européenne (UE) où elle possède l’avantage de la proximité géographique.  

Alors que le pays n’exportait qu’environ 75 000 tonnes vers l’UE l’année dernière, l’Afrique du Sud envoyait plus de 417 000 tonnes contre 284 000 tonnes pour l’Egypte. Il faut noter que le pays des pharaons, premier exportateur mondial d’oranges jouit en plus du volume important de ses cargaisons, de leur meilleure compétitivité en raison de la faiblesse de sa monnaie.   

Plus globalement, selon les observateurs, les perspectives de pénétration du marché européen devraient être encore réduites pour le Maroc dans les prochaines années compte tenu du développement rapide des superficies plantées notamment en Afrique du Sud.

Au-delà du casse-tête sur le segment de l’export, la filière marocaine doit composer avec certains défis dans la production. En cause notamment, la fréquence accrue des sécheresses liées au changement climatique qui limite la disponibilité de l’eau pour l’irrigation dans les principales zones de production comme le Souss-Massa.

Miser sur sa principale force

Faute de pouvoir répondre dans la durée à la pression concurrentielle du côté des oranges, certains observateurs estiment que le Maroc pourrait jouer sa carte sur le segment des mandarines.

Cette catégorie d’agrumes est la seconde plus importante après l’orange avec une consommation globale de plus de 30 millions de tonnes par an.  Le Maroc est déjà bien enraciné sur ce marché en étant le 3e exportateur mondial derrière la Turquie et la Chine.

Le fruit est d’ailleurs le principal exporté par le pays avec 400 000 tonnes exportées en 2019. Le défi sera d’autant moins important sur ce marché que l’Egypte y est absente et l’Afrique du Sud affiche des potentialités limitées.

En effet, la superficie plantée dans le Royaume chérifien (65 000 hectares) représente un peu moins du triple de l’aire cultivée en Afrique du Sud. La question est donc de savoir si l’industrie sera à même de tirer profit de la relative accalmie sur ce segment pour accélérer le développement du secteur sur les prochaines années.  

Au Maroc, la filière agrumes fournit 20 % des recettes d’exportation agricoles.

Source Agence Ecofin 

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