Le FMI n'apportera pas son soutien à la Tunisie tant que sa nouvelle équipe gouvernementale n’est pas mise en place
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Denys Bédarride
mardi 19 octobre 2021 Dernière mise à jour le Mardi 19 Octobre 2021 à 15:07

Le FMI table sur une croissance de +3% en 2021 en Tunisie (+2,9% pour la Banque mondiale) et sa directrice générale souligne que la Tunisie a besoin de réformes économiquement ciblées et urgentes. Par contre l’agence de notation Moody’s a abaissé la note de la Tunisie à Caa1 et a maintenu des perspectives négatives.

Le Fonds monétaire international (FMI) prévoit une reprise du PIB de +3% en 2021 et +3,3% en 2022 pour la Tunisie après -8,6% en 2020, dans ses « perspectives de l’économie mondiale » d’octobre 2021. Le FMI a révisé à la baisse ses prévisions précédentes d’avril de +4,1% de croissance pour 2021. 

Le FMI prévoit également un taux d’inflation à 5,7% (contre 4,9% prévu en avril), quasi-stable après 5,6% en 2020, mais une hausse à 6,5% en 2022. Enfin, le FMI prévoit une légère accentuation du déficit courant de 6,8% du PIB en 2020 à 7,3% du PIB en 2021, contre 8,1% dans le précédent rapport et une légère reprise de l’investissement de 10,8% du PIB en 2020 à 13,1% du PIB en 2021 (après 17,8% en 2019) et de l’épargne de 4% du PIB en 2020 à 5,8% du PIB en 2021. 

La dette publique devrait dépasser le seuil des 100 Md TND pour s’établir à 108,5 Md TND, soit 90,2% du PIB contre 89,7% en 2020 et 74,2% en 2019.

Les perspectives de croissance de la Banque mondiale sont très proches de celles du FMI. La BM prévoit en effet une croissance de +2,9% en 2021 et de +3,3% en 2022 en Tunisie selon son récent rapport « Excès de confiance : Comment des défaillances économiques et sanitaires ont laissé la région MENA démunie face à la COVID-19 » publié le 7 octobre 2021. 

Elle prévoit par ailleurs une hausse de +4% du PIB réel par habitant en 2021 et +2% en 2021, après avoir régressé de -7,4% en 2020, ainsi qu’une aggravation du déficit courant de 6,9% à 7,5% en 2021.

Dans le cadre des assemblées annuelles de la Banque mondiale et du FMI du 13 au 17 octobre 2021, la directrice générale du FMI Kristalina Georgieva a insisté sur le fait que la Tunisie a besoin de réformes économiquement ciblées et urgentes, afin de stabiliser l’économie et mettre les finances publiques sur une voie soutenable. 

Concernant les négociations avec la Tunisie, Kristalina Georgieva a indiqué que le FMI est largement engagé sur le niveau technique et a fourni des capacités de développement pour soutenir les autorités tunisiennes, et qu’il « attend d’entendre les autorités tunisiennes concernant leurs priorités et concernant la politique économique, ce qui pourrait les amener à s’engager dans un programme de fonds ». 

D’autre part, dans son communiqué publié le 14 octobre 2021, Moody’s a abaissé la notation du gouvernement tunisien ainsi que de la Banque centrale de Tunisie (BCT) de B3 à Caa1 (risque substantiel), en maintenant ses perspectives négatives. 

Selon Moody’s, la notation d’émetteur Caa1 de la Tunisie reflète l’affaiblissement de la gouvernance et une incertitude accrue quant à la capacité du gouvernement à mettre en œuvre des mesures qui garantiraient un accès au financement pour répondre aux besoins élevés au cours des prochaines années. 

Par conséquent, la forte pression sur les liquidités pourrait entraîner un défaut de paiement, même si ce risque est en partie atténué par l’accumulation de réserves de change qui fournissent un filet de sécurité pour les échéances à court terme du service de la dette extérieure. 

Moody’s justifie les perspectives négatives par les risques liés à d’éventuels retards prolongés dans la mise en œuvre des réformes et donc dans l’obtention de financements conditionnels, ce qui éroderait les réserves de change pour le paiement du service de la dette. 

Dans ce scénario, la probabilité d’une restructuration de la dette du secteur public augmenterait, ce qui entraînerait des pertes pour les créanciers du secteur privé.

Source Ambassade de France en Tunisie 

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