Algérie inscription chômage
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Agence Ecofin
jeudi 12 mars 2026 Dernière mise à jour le Jeudi 12 Mars 2026 à 16:59

En 2022, l’Algérie lançait un programme inédit de soutien financier aux jeunes sans emploi. Quatre ans plus tard, une directive présidentielle révèle les failles d’un dispositif qui n’atteint pas encore tous ceux qu’il est censé protéger.

Le 8 mars, en plein Conseil des ministres, le président Abdelmadjid Tebboune a sommé le ministre de la Jeunesse d’ouvrir une enquête sur les obstacles empêchant certains jeunes de percevoir l’allocation chômage. Le signal est fort, puisqu’il intervient le jour même où le gouvernement présentait son Plan national jeunesse 2026-2029. Le décalage entre l’ambition affichée et les réalités du terrain s’affiche ainsi au grand jour.

Versée depuis février 2022 par l’Agence nationale de l’emploi (ANEM), l’allocation s’adresse aux primo-demandeurs d’emploi sans aucune source de revenu, âgés de 19 à 40 ans, inscrits à l’ANEM depuis au moins six mois et disposés à ne pas décliner deux offres d’emploi compatibles avec leur profil. Les dossiers transitent exclusivement par la plateforme numérique minha.anem.dz, premier point de friction, où des candidats pourtant éligibles disparaissent avant même d’être examinés. Revalorisée à 18 000 dinars mensuels depuis janvier 2026, soit environ 138 dollars, la prestation témoigne d’un engagement financier de l’État en progression constante depuis le lancement du dispositif.

Les chiffres racontent pourtant une histoire plus nuancée. Lors d’une journée parlementaire sur l’emploi tenue à Alger en avril 2024, le ministre du Travail Fayçal Bentaleb révélait que 2 823 043 jeunes avaient bénéficié de l’allocation depuis son lancement, dont 435 475 insérés dans le monde du travail et 368 322 orientés vers la formation professionnelle. En 2024, 37 602 bénéficiaires ont été recrutés, soit une hausse de 51 % par rapport à 2023, a précisé le ministre en janvier 2025. Des progressions réelles, mais qui soulignent aussi que la grande majorité des bénéficiaires n’a pas encore franchi le pas vers un emploi stable.

Le contexte structurel donne toute sa mesure à cette directive. En 2024, le chômage des jeunes de 15 à 24 ans frôlait 30 % en Algérie, soit le double de la moyenne mondiale selon la Banque mondiale. D’après les données de World Economics en 2025, quelque 28 % de l’activité économique échappe au secteur formel, réduisant mécaniquement le vivier de jeunes éligibles à une allocation adossée au registre de l’emploi officiel.

Ordonner un audit, c’est admettre que la mécanique administrative n’a pas suivi l’ambition politique. Il reste à savoir si cette vérification débouchera sur une réforme de fond ou s’évaporera dans les méandres bureaucratiques qu’elle est censée corriger.

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