L’année 2025 s’est déroulée dans un environnement particulièrement contraint. La poursuite de la guerre à Gaza pour la troisième année consécutive, l’intensification des restrictions en Cisjordanie et la crise budgétaire de l’Autorité palestinienne ont pesé sur la demande intérieure, la liquidité et la confiance des investisseurs. Malgré ces pressions, le secteur privé palestinien a démontré une capacité d’adaptation notable, fondée sur la maîtrise des coûts, la diversification des marchés et un renforcement progressif de la gouvernance financière.
Sur le plan macroéconomique, le PIB palestinien a progressé d’environ 4 % en 2025, porté par une reprise fragile en Cisjordanie malgré la poursuite de la contraction à Gaza.
Toutefois, le niveau du PIB demeure inférieur d’environ 24 % à celui de 2023, illustrant l’ampleur des pertes accumulées. Les projections pour 2026 tablent sur une croissance comprise entre 4,1 % et 4,5 %, sous réserve d’une stabilisation politique et de l’avancement des efforts de reconstruction.
Sur le plan monétaire, les dépôts bancaires ont atteint près de 22 Mds USD (+15 %), tandis que le ratio prêts/dépôts est tombé à 55 % au troisième trimestre 2025, contre 59 % fin 2024 et 65 % en 2023, traduisant un resserrement du crédit.
Le taux de créances douteuses a atteint 5,3 % contre 5 % un an plus tôt. Par ailleurs, 5,7 M de chèques ont été traités pour une valeur totale de 20,25 Mds USD, dont 602 000 chèques ont été rejetés pour insuffisance de provision représentant 1,37 Md USD, soit 10,5 % en nombre et 6,8 % en valeur, en baisse par rapport à 2024.
Dans le même temps, l’encours total des crédits et facilités en Palestine a progressé de 4,2 % en 2025 sur une base annuelle, selon les données de l’Autorité monétaire palestinienne. Les prêts et facilités ont augmenté d’environ 0,5 Md USD entre 2024 et 2025, atteignant 11,5 Mds USD à fin 2025 contre 11 Mds USD un an plus tôt.
Dans ce contexte, la Bourse de Palestine a enregistré un net redressement.
Les sociétés cotées ont dégagé 296 M USD de bénéfices nets en 2025 contre 95 M USD en 2024. Sur 45 entreprises ayant publié leurs résultats, 38 ont réalisé des profits totalisant 307 M USD, tandis que 7 sociétés ont enregistré des pertes limitées à environ 11 M USD. La capitalisation boursière a été soutenue par la performance des valeurs bancaires et par la progression de plusieurs grandes capitalisations.
Les bénéfices consolidés des sept banques cotées ont atteint 81,4 M USD en 2025, contre une perte de 22,4 M USD en 2024, six banques sur sept redevenant bénéficiaires.
Le groupe Bank of Palestine affiche 57 M USD de bénéfice net après une perte de 28 M en 2024 ; ses revenus d’intérêts atteignent 275,5 M USD contre 261,1 M (+5,5 %) et sa capitalisation s’élève à 432,7 M USD avec une hausse boursière de 3,87 %. La National Bank (TNB) affiche une capitalisation de 165,1 M USD (+21,67 %). Quds Bank atteint 141,1 M USD (+14,29 %) et ses revenus d’intérêts reculent à 68,7 M USD contre 77,9 M. Arab Islamic Bank enregistre 5,38 M USD de bénéfice net contre 1,12 M en 2024 (+380 %), des revenus totaux de 89,47 M USD et des revenus de financement de 73,64 M USD ; sa capitalisation atteint 119,3 M USD (+8,26 %).
Palestine Islamic Bank dégage 5,25 M USD de bénéfice net, des revenus de financement de 50,5 M USD (contre 53,8 M USD) et une capitalisation de 143,1 M USD (-5,59 %). La Palestine Investment Bank atteint 104,8 M USD de capitalisation (+1,55 %) et 61,85 Ms USD de revenus d’intérêts. Safa Bank réduit sa perte à 2,62 M USD contre 8,13 M USD en 2024, avec des revenus de financement de 9,67 M USD et une capitalisation de 44,6 M USD (0 %). Les revenus d’intérêts agrégés du secteur atteignent 573,98 M USD contre 576,91 M en 2024.
Le secteur des assurances, bien que confronté à un environnement économique tendu, est demeuré bénéficiaire en 2025 avec un résultat net consolidé de 14,5 M USD pour les huit compagnies cotées, contre 16,2 M USD en 2024, soit un recul de 10,5 %.
Malgré ce léger tassement global, le secteur confirme sa résilience et sa capacité à maintenir une rentabilité positive dans un contexte de ralentissement économique.
Globalement, l’année 2025 traduit une consolidation prudente du secteur privé palestinien, davantage axée sur la stabilité financière, la gestion des risques et le renforcement des fonds propres que sur une expansion rapide.
Cette évolution confirme une résilience structurelle accrue et le rôle central des entreprises dans le maintien des équilibres économiques nationaux.
Source Ambassade de France





















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