Face à une industrie électronique nationale en quête de renouveau technologique, l’Algérie mise sur le pari de la recherche appliquée pour doter ses entreprises publiques des compétences et des innovations indispensables à leur relance productive et durable.
L’Algérie souhaite mobiliser sa communauté scientifique au service de son appareil industriel. Dans cette optique, l’Entreprise nationale des industries électroniques (ENIE) a signé le 2 juin une convention avec l’Agence thématique de recherche en sciences et technologies (ATRST). L’ENIE, implantée à Sidi Bel‑Abbès, est le principal fabricant public d’équipements électroniques du pays. L’ATRST est l’organisme public chargé de financer et d’évaluer les projets de recherche appliquée.
D’après les informations rapportées par l’Algeria press service (APS), l’accord prévoit le financement de huit projets de recherche appliquée innovants. Ces chantiers associeront des scientifiques à l’outil de production du fabricant. Le dispositif relève du mécanisme de partenariat de la Direction générale de la recherche scientifique et du développement technologique (DGRSDT). Cet organisme coordonne aujourd’hui 80 projets de ce type avec le secteur socio‑économique national.
L’enjeu est de connecter la capacité productive de l’entreprise à l’expertise scientifique nationale. L’ENIE emploie 1329 agents et cadres. Elle conduit un plan de relance centré sur les tablettes éducatives, les terminaux de paiement et les panneaux solaires. Ces huit projets visent à augmenter le taux d’intégration locale, aujourd’hui estimé à 30 % dans la production de tablettes. Le PDG Mohamed Abbes Bourassi a dit vouloir « conclure des partenariats permettant d’accroître ce taux à l’avenir ».
Cette initiative intervient alors que le secteur électronique algérien fait face à des défis structurels majeurs. Selon la Banque mondiale, la valeur ajoutée industrielle représentait 36 % du produit intérieur brut (PIB) en 2024. Pourtant, le taux d’intégration locale n’excédait pas 15 % en 2023, selon le gouvernement. Ces entreprises restent tributaires des importations à plus de 85 % pour assurer leur fonctionnement.
Le chômage des 16‑24 ans atteignait 29,3 % en octobre 2024, selon l’Office national des statistiques (ONS). Le secteur électronique figure parmi ceux à fort potentiel d’emplois qualifiés. En 2025, l’ENIE visait la production de deux millions de tablettes pour équiper 8810 établissements éducatifs. En 2024, le secteur universitaire a enregistré 2800 demandes de brevets, selon la DGRSDT. Ces signaux dessinent un pays déterminé à faire de la connaissance le socle de sa renaissance industrielle.
























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