L'Egypte va recevoir un financement de 66 millions de $ pour la première phase du projet solaire Dandara, situé dans le gouvernorat de Qena, dans le sud
Huit mois après la publication de son étude d’impact, le projet destiné à décarboner la production d’aluminium d’EgyptAlum franchit une nouvelle étape vers sa réalisation, avec la sécurisation d’une partie de son financement.
Le Conseil d’administration de la Banque africaine de développement (BAD) a approuvé, dans un communiqué publié le 13 juillet, un financement pouvant atteindre 66 millions de dollars pour la première phase du projet solaire Dandara, situé dans le gouvernorat de Qena, dans le sud de l’Égypte.
Cette phase comprend une centrale photovoltaïque de 500 MW et un système de stockage par batteries de 100 MWh. Son coût total est estimé à plus de 290 millions de dollars. Le financement de la BAD inclut 46 millions provenant de ses ressources ordinaires et 20 millions de dollars mobilisés auprès du Fonds pour les technologies propres. Le solde doit être apporté par un consortium d’institutions de financement du développement.
Le solaire au service de la compétitivité industrielle
Cette approbation intervient après la publication, en novembre 2025, de l’étude d’impact environnemental de l’initiative par la BAD elle-même. Celle-ci prévoyait le lancement des travaux au deuxième trimestre 2026. Le projet complet, développé par le groupe norvégien Scatec à travers Dandara Solar Power, doit atteindre 1 000 MW solaires et 200 MWh de stockage en deux phases équivalentes.
EgyptAlum achètera l’électricité de la première phase dans le cadre d’un contrat de 25 ans, complété par un accord de transport conclu avec l’opérateur public EETC. La mise en exploitation complète est désormais attendue début 2028, pour une production annuelle d’environ 1 373 GWh.
« Ce projet illustre parfaitement la décarbonisation industrielle », a déclaré Kevin Kariuki, vice-président de la BAD. Selon l’institution, il permettra d’éviter environ 12,5 millions de tonnes de CO₂ sur toute sa durée de vie et aidera EgyptAlum à préserver sa position sur le marché européen, dans le contexte du mécanisme d’ajustement carbone aux frontières de l’Union européenne.
Au-delà du financement accordé, le projet Dandara servira de test pour la stratégie égyptienne de décarbonation industrielle. Si ce modèle confirme sa viabilité, il pourrait ouvrir la voie à d’autres contrats d’électricité renouvelable destinés aux industries énergivores, confrontées à des exigences croissantes de compétitivité et de réduction de leur empreinte carbone sur les marchés internationaux.
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