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Agence Ecofin
Aujourd'hui Dernière mise à jour le Jeudi 23 Juillet 2026 à 06:05

L’Afrique du Nord est la principale région productrice et importatrice de blé du continent africain. Après une campagne 2024/2025 pénalisée par la sécheresse dans plusieurs pays, les perspectives s’améliorent nettement pour la saison 2025/2026 qui touche à sa fin.

La récolte de blé en Afrique du Nord est attendue à 20 millions de tonnes au terme de la campagne 2025/2026 qui s’achève en juillet. C’est ce que révèlent les dernières projections de la FAO dans le rapport « Crop Prospects and Food Situation » publié le 3 juillet dernier.

Ce niveau de production marquerait une progression de 15 % par rapport à la campagne précédente (17,4 millions de tonnes). Il représenterait également une hausse de 14,2 % par rapport à la moyenne enregistrée dans la région au cours des cinq dernières années (17,5 millions de tonnes). Derrière cette amélioration globale, les performances demeurent toutefois contrastées selon les pays.

La plus forte croissance de production annoncée au Maroc

Parmi les principaux producteurs de la région, le Maroc devrait afficher le plus important rebond de sa production de blé. La récolte est attendue à 5 millions de tonnes en 2026, signant une croissance de près de 43 % d’une année sur l’autre. Cette progression s’explique notamment principalement par des conditions météorologiques plus favorables, avec une meilleure répartition de la pluviométrie enregistrée dans les zones de production comme dans la plupart des pays de la région.

L’Algérie arrive ensuite avec une production prévue en hausse de 16 pour cent à 3,5 millions de tonnes de blé tandis que l’Égypte table sur une croissance plus modeste de 7 pour cent de sa récolte à 10,2 millions de tonnes. À l’inverse la Tunisie et la Libye s’attendent à une baisse de leur production de blé.

L’Égypte franchit un nouveau seuil de production

Si le Maroc se distingue par l’ampleur de son rebond, l’Égypte attire l’attention par le niveau historique atteint par sa production. Avec la récolte annoncée en 2026, la filière égyptienne franchit pour la première fois le seuil des 10 millions de tonnes de blé.

Cette embellie, également confirmée par le ministère égyptien de l’Agriculture, repose principalement sur l’augmentation des superficies consacrées au blé. Selon les données du ministère relayées le 9 juillet par le média local EgyptToday, la culture de la céréale a occupé 1,58 million d’hectares en 2025/2026, soit près de 252 000 hectares de plus que la campagne précédente.

Au-delà de l’extension des superficies cultivées, Le Caire attribue cette progression à la disponibilité de semences subventionnées et au développement de variétés plus productives destinées à encourager les agriculteurs à renforcer leur engagement dans cette culture stratégique.

Les autorités mettent également en avant l’adoption de pratiques agricoles plus efficientes en ressources, déployées sur environ 75 % des surfaces cultivées, notamment le nivellement laser, l’agriculture en terrasses et le travail du sous-sol. Selon le ministère égyptien de l’Agriculture, ces pratiques auraient contribué à améliorer la productivité d’environ 20 %.

La progression de la récolte égyptienne a aussi été soutenue par la politique d’incitation mise en place par le gouvernement. Pour la campagne 2026, Le Caire a relevé le prix d’achat garanti du blé local à 2 500 livres égyptiennes par ardeb (150 kg) contre une fourchette comprise entre 2 100 et 2 200 livres lors de la campagne précédente afin d’encourager les producteurs à augmenter les superficies dédiées à la culture.

Une amélioration régionale encore insuffisante face aux besoins

Malgré cette dynamique positive, la production régionale reste insuffisante pour répondre aux besoins des populations. Première région importatrice de blé en Afrique, l’Afrique du Nord a importé près de 25 millions de tonnes de blé en moyenne par an entre 2020 et 2025 pour combler son déficit de production. Toutefois l’amélioration de l’offre locale peut permettre de réduire les achats effectués sur le marché international et parallèlement la facture des dépenses qui y sont associées.

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